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Au Yémen, mourir d’une maladie chronique, faute de soins

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La trêve reste fragile au Yémen, quelques jours après l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu entre le gouvernement et les rebelles houthis. Beaucoup craignent que les combats reprennent pour de bon dans ce pays accablé par trois ans de guerre civile.

Charles Gaudry, responsable de programme pour le Yémen à Médecins sans frontières (MSF), revient d’un séjour là-bas.

Q. Qu’est-ce que vous êtes allé faire là-bas?

Je suis allé en visite sur nos opérations existantes […] voir comment adapter les choses par rapport à ce qui est en train de se passer. Dans la ville même de Hodeida, on a ouvert un hôpital il y a trois mois maintenant […] qui visait à prendre en charge principalement les blessés de guerre, en lien avec la ligne de front qui s’est rapprochée de la ville. C’est un hôpital de 30 lits qui aujourd’hui est plein. On a beaucoup de blessés qui sont à 90 % des civils.

Tous les soirs, on entend les tirs très proches. La journée, c’est un peu moins actif, mais il y avait quand même les frappes aériennes. Et puis le soir, les shellings, les tirs, etc. On a retrouvé à plusieurs reprises des balles perdues dans l’enceinte de l’hôpital, sur le toit de l’hôpital, sur le pas de la porte de notre bureau. Et puis le matin, c’est les blessés qui arrivent.

On a cette petite fille avec une balle aussi grande que le pied, fichée à l’intérieur de son pied. On avait une dame âgée de 80 ans, dont la maison a été détruite par une frappe aérienne, qui était pleine d’éclats de bombe. Beaucoup de jeunes hommes non combattants […] avec des blessures extrêmement choquantes. Des civils qui ont pris des balles perdues, des explosifs, des frappes aériennes, des gens qu’on a dû amputer du bras, de la jambe, etc. C’est assez dramatique.

Le médecin prend la pression de son patient.Un médecin s’occupe d’un homme qui a fui les combats à Hodeida, au Yémen, le 30 juin 2018. Photo : Getty Images / ESSA AHMED

Q. Vous êtes aussi allé ailleurs. Comment c’était?

Aux autres endroits, à l’ouest du gouvernorat de Ibb, se trouvent des villes, Zabid, Bayt al-Faqih, où il y a peut-être entre 500 000 et 1 million d’habitants. Ça, ce sont les principales. Et puis il y a tout un tas de villages, et ça, c’est aussi toute une zone où on a une ligne de front active. On a même reçu des patients à l’intérieur de Hodeida, qui venaient de cet endroit, donc qui ont mis neuf heures pour arriver jusque dans la ville, parce qu’ils n’ont pas pu trouver de soins dans des zones qui étaient sécuritairement moins exposées.

C’est à partir de ça aussi qu’on s’est dit qu’on doit ouvrir un hôpital quelque part plus au sud, pour pouvoir recevoir les patients qui viennent de cette zone. Donc ça, c’est ce qu’on fait de ce côté-là de la ligne, sur le sud du gouvernorat de Hodeida.

Puis on a également un programme qui est ouvert sur la zone aujourd’hui reprise par la coalition, mais où on reçoit aussi énormément de blessés, sur Moka, avec des gens qui viennent depuis toute la zone jusqu’à Hodeida.

Q. Vous parlez beaucoup des blessés de guerre. Est-ce le problème le plus criant?

Ces interventions dont on a parlé en premier sont très liées aux blessés de guerre […], mais à Ad-Dahi, à Al-Udayn et dans nos autres programmes à Ibb, on est beaucoup plus sur les conséquences secondaires du conflit, comme l’effondrement du système de santé, des hôpitaux qui ne fonctionnent plus et des gens qui sont en train de mourir à la maison de choses bêtes. Des appendicites, une maman qui ne peut pas avoir une césarienne quand elle accouche à la maison […]. Donc, on couvre des besoins de santé de base. Les gens sont en train de mourir de choses comme ça parce qu’il n’y a plus d’accès à la santé.

La malade, une femme âgée, est en train de discuter avec l'aidante.Une travailleuse humanitaire de l’organisation locale Mona Relief réconforte une femme atteinte d’un cancer du sein qui a fui Hodeida pour se réfugier à Sanaa, au Yémen, le 17 juillet 2018. Photo : Reuters / Khaled Abdullah

Évidemment que là-dessus, on ne peut pas tout faire. C’est très restreint; en tant que MSF, on fait ce qu’on peut, mais on soutient aujourd’hui probablement une quinzaine d’hôpitaux dans le pays. C’est un peu une goutte d’eau dans la mer par rapport à l’ampleur des besoins qu’il y a aujourd’hui.

Quand j’ai visité notre hôpital dans le district de Dhi as-Sufal, il y avait un homme âgé qui avait été amputé d’une première jambe à cause d’une frappe aérienne ou d’une grenade, et on a dû amputer sa seconde jambe. Elle était nécrosée parce qu’il n’avait plus de traitement pour son diabète. Et tout ça, ce sont des besoins qui ne sont pas couverts.

Q. Ne vous sentez-vous pas un peu impuissant par rapport à tout ça?

Moi, je me sens désemparé. C’est horrible, c’est extrêmement frustrant. Tout justifierait au Yémen qu’on en fasse trois, quatre fois plus, ou plus encore. Mais après, on reste MSF. Alors on est obligés de regarder des priorités, où est-ce qu’on va arriver à sauver le plus de vies.

Et puis on est comme dans une espèce de plan d’urgence géant, où le docteur se retrouve obligé de faire le choix entre un certain nombre de patients : lesquels il va pouvoir sauver le plus vite possible et ceux qu’il ne pourra pas sauver.

On est en permanence dans ces choses-là. Alors que si on avait tous les moyens possibles et existants au niveau du médical, c’est sûr qu’il y a des gens qu’on pourrait sauver qu’on ne sauve pas aujourd’hui.

Q. Qu’est-ce qu’il faudrait faire?

Le respect de la vie des civils, de l’intégrité physique des civils et de l’infrastructure civile par les parties au conflit. C’est une première chose majeure. La seconde, c’est l’accès humanitaire, qui est une obligation suivant le droit international humanitaire.

Derrière ça vient encore le problème de la réponse humanitaire qui, aujourd’hui, n’est pas suffisante. Par tous les acteurs qui sont là; je peux même nous inclure. Mais je vois que beaucoup plus devrait être fait par l’Humanitarian Country Team des Nations unies et leurs partenaires opérationnels. La réponse est clairement insuffisante. On a des problèmes de vaccination qui font qu’on a des maladies épidémiques préventives, diphtérie, choléra, rougeole. Des choses qui ne devraient pas avoir lieu et qui malheureusement ont lieu parce que la réponse humanitaire n’est pas adéquate.

La femme branchée sur un cathéter est couchée dans un lit d'hôpital.Une Yéménite qui a peut-être le choléra est soignée dans un hôpital de Sanaa le 24 juillet 2018. Photo : Getty Images / MOHAMMED HUWAIS

Q. Voyez-vous des risques de famine sur le terrain?

Il y a un réel problème de sécurité alimentaire; ça, il n’y a aucune question là-dessus. Il y a de la malnutrition infantile […]; on les voit, les enfants. Moi, je n’ai pas vu à ce stade d’adultes mourir de faim, ce qui serait une des composantes pour dire qu’il y a une famine.

Personne ne dit officiellement qu’il y a une famine, d’ailleurs. On parle de risque de famine. Si les ports étaient amenés à fermer, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, si l’importation des biens de première nécessité se compliquait davantage, effectivement, on a un risque, je pense, qui est réel.

La femme est sur un lit avec son enfant.Fatima Ali avec sa fille, Namih, qui souffre de malnutrition aiguë. L’enfant se fait soigner dans une clinique de santé à Al Khawkhah, au Yémen, le 18 septembre 2018. Photo : Getty Images / Andrew Renneisen

La réalité, aujourd’hui, c’est que les intrants arrivent, l’aide humanitaire arrive difficilement, mais elle arrive. Donc on n’est pas encore sur une situation de famine.

En revanche, il y a un tas d’autres besoins. […] Les gens meurent d’un tas d’autres choses, et les causes de ça ne sont pas prises en charge comme il faut. Il s’agit de l’accès à la santé, d’avoir accès aux médicaments pour les personnes vivant avec des maladies chroniques. Il s’agit d’avoir des salles d’opération qui fonctionnent pour la chirurgie et qui soient accessibles. Il s’agit d’avoir des centres de santé où les gens puissent venir faire des consultations de base avant d’avoir des situations de santé qui dégénèrent.

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Ottawa unveils funding for poultry and egg farmers hurt by free-trade deals

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Canadian egg and poultry farmers who’ve lost domestic market share due to two recent free-trade agreements will soon have access to $691 million in federal cash, Canada’s agriculture minister announced Saturday.

Marie-Claude Bibeau shared details of the long-awaited funds in a virtual news conference.

“Today we position our young farmers for growth and success tomorrow,” she said.

The money follows a previously announced $1.75 billion for the dairy sector linked to free-trade deals with Europe and countries on the Pacific Rim, one that came into effect in 2017 and the other in 2018.

The dairy sector funds were to flow over eight years, and the first $345 million payment was sent out last year.

But on Saturday, Bibeau announced a schedule for the remaining payments that will see the money flow over three years — beginning with $468 million in 2020-21, $469 million in 2021-22 and $468 million in 2022-23.

Bibeau said the most recently announced funds for dairy farmers amount to an average farm of 80 cows receiving a direct payment of $38,000 in the first year.

Payments based on formulas

David Wiens, vice-president of the Dairy Farmers of Canada, said the money will help farms make investments for the future.

“I think particularly for the younger farmers who have really struggled since these agreements have been ratified, they can actually now see opportunities, how they can continue to make those investments on the farm so that they can continue on,” he said.

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Employee of Ottawa Metro store tests positive for COVID-19

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Metro says an employee of its grocery store on Beechwood Avenue in Ottawa has tested positive for COVID-19.

The company says the employee’s positive test result was reported on Nov. 25. The employee had last been at work at the Metro at 50 Beechwood Ave. on Nov. 19.

Earlier this month, Metro reported several cases of COVID-19 at its warehouse on Old Innes Road.

Positive test results were reported on Nov. 2, Nov. 6, Nov. 11, and Nov. 19. The first two employees worked at the produce warehouse at 1184 Old Innes Rd. The other two worked at the distribution centre at the same address.

Metro lists cases of COVID-19 in employees of its stores and warehouses on its website

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Tinseltown: Where 50-year-old ‘tough guys’ become youngsters again

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Audy Czigler wears glitter like a Pennsylvania miner wears coal dust. It’s on his face and hands, in his hair and on his clothing. It’s an occupational hazard that he says he just can’t get rid of.

And when he’s sifting through job applications from people wanting to work at his Tinseltown Christmas Emporium on Somerset Street W. in Hintonburg, the glitter is a consideration. For he’s not looking for people who can simply endure it; no, he’s screening for people who revel and carouse in glitter, for those for whom the 10,000th playing of I Saw Mommy Kissing Santa Claus is as refreshing as the first, for those who believe that the 12 days of Christmas last 365 days a year. The believers.

Sure, he has heard the voices of skeptical passersby on the sidewalk outside his shop, especially in the summer months when visions of sugarplums have receded from many people’s minds.

“I hear them out there a few times a day,” he says, “wondering how a Christmas store can possibly survive year-round.

“I want to go out and tell them,” he adds, but his voice trails off as a customer approaches and asks about an ornament she saw there recently, of a red cardinal in a white heart. Where is it?

There’s scant room for sidewalk skeptics now, crowded out by the dozens of shoppers who, since October, have regularly lined up outside the store, patiently biding their time (and flocks) as pandemic-induced regulations limit the shop to 18 customers at a time.

Once inside, visitors will be forgiven for not first noticing the glitter, or even the rendition of Baby, It’s Cold Outside playing on the speakers. For there’s no specific “first thing” you notice. The first thing you notice is EVERYTHING — a floor-to-ceiling cornucopia of festivity, reminiscent perhaps of how the blind man in the Gospel of John may have felt when Jesus rubbed spit and mud in his eyes and gave him sight for the first time.

https://ottawacitizen.com/news/local-news/tinseltown-where-50-year-old-tough-guys-become-youngsters-again

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