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« C’est sérieux » : des groupes autochtones veulent acheter le pipeline Trans Mountain

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Un texte de Geneviève Normand et de Kyle Bakx

Au terme d’une rencontre privée « de haut niveau » avec l’administration fédérale, qui s’est déroulée à Calgary, en décembre dernier, le Conseil des ressources indiennes du Canada (CRIC) – un organisme qui défend les intérêts des Premières Nations qui détiennent des ressources pétrolières et gazières sur leur territoire – a indiqué qu’une proposition d’entente sur le rachat de Trans Mountain était sur le point d’être présentée.

« Ce n’est pas [le CRIC] qui doit être propriétaire [du pipeline], ce sont ses membres. Ce sont les Premières Nations du Canada », a affirmé en entrevue le président-directeur général du Conseil, Stephen Buffalo.

Stephen Buffalo, membre de la Première Nation crie de Samson en Alberta, est le président-directeur général du Conseil des ressources indiennes du Canada.Stephen Buffalo, membre de la Première Nation crie de Samson en Alberta, est le président-directeur général du Conseil des ressources indiennes du Canada. Photo : Radio-Canada

Le gouvernement de Justin Trudeau s’est porté à la rescousse du controversé pipeline en mai 2018 en l’achetant de l’entreprise Kinder Morgan pour la somme de 4,5 milliards de dollars. Cette décision visait à protéger le projet contre l’incertitude grandissante causée par un mouvement d’opposition en Colombie-Britannique. Ottawa a déjà indiqué qu’il ne souhaitait pas être propriétaire de l’oléoduc à long terme.

Des Premières Nations du nord de l’Alberta avaient manifesté leur intérêt à investir dans le projet quelques jours à peine après l’annonce du gouvernement fédéral. Or, selon Stephen Buffalo, « la majorité » des 134 Premières Nations représentées par son organisation voudraient maintenant être actionnaires du pipeline, qui relie Edmonton et la région de Vancouver.

Des Premières Nations ont signé des ententes sur les répercussions et les avantages de soutenir Trans Mountain, tandis que d’autres s’y opposent et tentent de bloquer son développement depuis plusieurs années.

Le CRIC dit respecter les Premières Nations en Colombie-Britannique qui veulent protéger leurs terres et voies navigables – particulièrement Squamish, Musqueam et Tseil-Waututh – et dont les territoires sont situés dans l’anse Burrard, là où se trouve le terminal maritime du pipeline.

Toutefois, l’organisation indique que l’opposition au projet est en train de nuire au développement économique d’autres Premières Nations.

Nous voulons tous un environnement propre et sécuritaire. L’environnement, c’est tellement important. Nous voulons continuer à développer l’économie tout en ayant cet équilibre.

Stephen Buffalo, PDG du Conseil des ressources indiennes du Canada

« C’est sérieux »

Stephen Buffalo, qui espère que Trans Mountain soit détenu à 100 % par les Autochtones, souhaite consolider un plan, dit-il, qui démontrera au gouvernement fédéral que l’intérêt des Premières Nations est « sérieux et qu’il faut s’y attarder ».

Étant donné que les groupes intéressés n’ont pas tous les mêmes capacités pour investir dans le projet, quatre modèles de participation financière sont présentement à l’étude. Les détails concernant certains des modèles envisagés font l’objet d’ententes de non-divulgation.

Ils seront présentés mercredi au Sommet autochtone sur l’énergie, qui aura lieu sur la réserve Tsuu T’ina, près de Calgary. Ce rendez-vous rassemblera une panoplie d’invités, y compris des grands noms de l’industrie pétrolière – dont Ian Anderson, ancien président de Kinder Morgan Canada devenu PDG de la société d’État Trans Mountain, et des chefs autochtones.

« Nous devons trouver un modèle de participation financière qui convient, que ce soit par une garantie de prêts du gouvernement ou encore par des ententes [avec les pétrolières] comme on l’a vu entre Suncor, Fort McKay et les Cris de Mikisew », a expliqué M. Buffalo.

Le Conseil des ressources indiennes du Canada espère qu’un consensus sera atteint d’ici le mois de mars et que l’Assemblée des Premières Nations l’aidera ensuite à soumettre ce dossier aux bureaux du ministre des Finances et du premier ministre.

L’organisation autochtone ne précise pas pour le moment la liste des groupes qui prennent part aux négociations. La Première Nation chipewyanne d’Athabasca et la Première Nation crie de Mikisew figurent sans aucun doute parmi les parties intéressées.

Le chef de la Première Nation crie de Mikisew Archie Waquan (à gauche) et le chef de la Première Nation chipewyanne d'Athabasca (à droite).Le chef de la Première Nation crie de Mikisew Archie Waquan (à gauche) et le chef de la Première Nation chipewyanne d’Athabasca (à droite). Photo : Radio-Canada / Geneviève Normand

Les chefs de ces deux nations du nord de l’Alberta ont commenté l’état des discussions l’automne dernier, alors que Radio-Canada était de passage dans la région des sables bitumineux.

« Nous sommes encore à évaluer l’achat potentiel du pipeline », expliquait en octobre le chef des Dénés, Allan Adam, en entrevue à Fort Chipewyan. « Nous ne connaissons pas encore le pourcentage, mais les discussions se poursuivent. »

De son côté, le chef des Cris avait réitéré son désir de voir les peuples autochtones être les prochains propriétaires de Trans Mountain. « La ressource provient de notre territoire, avait dit Archie Waquan. Je voudrais que les Premières Nations, même celles qui sont éloignées de l’oléoduc, soient propriétaires. Comme ça, elles aussi pourraient en bénéficier. »

« Ça change complètement la donne »

Selon le professeur spécialisé en affaires autochtones à l’Université de la Saskatchewan Ken Coates, ce rachat changerait la donne à plusieurs égards et permettrait aux Autochtones d’avoir un plus grand contrôle des activités pétrolières et gazières qui se déroulent sur leur territoire.

« Ça change tout, dit-il, en termes de développement économique chez les Autochtones et de leur rôle au sein de la société canadienne. Tout d’un coup, les Autochtones deviendraient propriétaires – en totalité ou en partie – d’un projet qui vaut des milliards de dollars. Ils seraient responsables de la gestion [du pipeline] et seraient impliqués dans ses activités en amont et en aval ».

Ce n’est pas seulement un investissement dans un pipeline. C’est un investissement dans leur communauté. Est-ce que c’est possible? Absolument.

Ken Coates, professeur à l’Université de la Saskatchewan

Si le spécialiste croit que le rachat de Trans Mountain par des groupes autochtones est tout à fait possible, il ne cache pas la complexité de sa mise en oeuvre.

« Il va falloir trouver des façons de rallier tous les membres, trouver des fonds, déterminer un système de gestion qui fonctionne, explique Ken Coates. Il va aussi falloir compléter toutes les autres étapes du processus et permettre au projet de se concrétiser sans l’entrave des opposants, ce qui n’est pas garanti. »

Autochtones contre Autochtones

Même si Trans Mountain – qui permettrait de tripler la capacité de transport du pétrole albertain vers la côte pacifique – passe aux mains de groupes autochtones, il en faudra plus pour convaincre les réfractaires.

C’est notamment le cas de la Première Nation Squamish, qui ne semble pas encline à changer son fusil d’épaule. Le CRIC est d’ailleurs bien au fait que le projet pourra difficilement aller de l’avant sans l’appui de cette Première Nation, entre autres.

Le conseiller et porte-parole du conseil de bande, Khelsilem, indique qu’un pipeline détenu, exploité et contrôlé par les Premières Nations ne change en rien la position de sa nation.

« Peu importe qui en est le propriétaire et peu importe quels sont les termes de l’accord commercial, ça ne change pas le fait que le gouvernement fédéral a la responsabilité de respecter nos droits, et il ne l’a pas fait », a-t-il expliqué en entrevue téléphonique.

Si [d’autres nations] veulent construire ce pipeline, elles doivent passer sur notre territoire. Ça nous appartient. Elles n’ont pas le droit de dire quoi que ce soit à propos de ce qui se passe sur notre terre au même titre que nous n’avons pas le droit de dire ce qui se passe sur la leur.

Khelsilem, conseiller élu et porte-parole du conseil de bande de la Première Nation Squamish
Un homme face à la caméraKhelsilem estime que le gouvernement n’a pas respecté les droits des Autochtones et la juridiction des Premières Nations. Photo : K.Ho / Photos by K.Ho

Ottawa à l’écoute

Le professeur Ken Coates croit que cet intérêt des groupes autochtones a de quoi réjouir le gouvernement de Justin Trudeau, d’autant plus que l’une de ses promesses phares est d’entamer ce processus de réconciliation avec les peuples autochtones.

Dans un courriel envoyé à Radio-Canada, un porte-parole du ministère des Finances a d’ailleurs indiqué que le gouvernement fédéral est ravi de cette attention portée au rachat de Trans Mountain.

« Nous nous réjouissons de l’intérêt que les groupes autochtones manifestent en ce qui a trait à la propriété future du projet », a écrit un fonctionnaire du bureau du ministre Morneau, qui précise aussi que les discussions à ce sujet se poursuivront « en temps opportun ».

Le PDG du CRIC affirme de son côté avoir reçu des échos favorables du gouvernement fédéral.

Les gens avec qui j’ai parlé m’ont dit que le premier ministre Trudeau soutient l’idée [de vendre le pipeline aux Premières Nations].

Stephen Buffalo, président-directeur général du Conseil des ressources indiennes du Canada

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Federal Budget 2021: Ottawa adds $1B to broadband fund for rural, remote communities

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The federal government will add $1 billion to a fund for improving high-speed communications in rural and remote areas of Canada, bringing the total to $2.75 billion by 2026, the Liberals said Monday in their first full budget since the pandemic began last year.

The money is going to the Universal Broadband Fund, which is designed to support the installation of “backbone” infrastructure that connects underserved communities to high-speed internet.

It’s one of many government and private-sector initiatives that have gained urgency since the pandemic began, as Canadians became more dependent on internet service for applications ranging from e-learning to daily business operations.

Ottawa says the additional money will keep it on track to have high-speed broadband in 98 per cent of the country by 2026, and 100 per cent by 2030.

Money spent on high-speed communications will be good for a recovering economy, said Pedro Antunes, chief economist at the Conference Board of Canada, a non-partisan think-tank.

The latest data from Statistics Canada says there were about five million people working from home during the pandemic, up from about two million prior to that, Antunes said in an interview.

“That’s a quarter or so of the workforce,” he added. “And I think a fair number of those people are going to continue to work from home, at least in some part-time way.”

Improved connections to high-speed broadband and mobile communications will add to the productive capacity of the economy overall, especially as it reaches beyond Canada’s cities, Antunes said.

He said there’s been a “real issue” with economic growth outside major urban centres and the improved connectivity “is something that can help stimulate that.”

The Universal Broadband Fund was initially mentioned in the 2019 budget, though specifics were not available until last November’s fiscal update.

The $1-billion top-up to the broadband fund announced today is in addition to $1.75 billion promised to the fund by the federal government’s November fiscal update.

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COVID-19: What you need to know for April 19

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Provincewide

  • Per today’s government report, there are 4,447 new cases in Ontario, for a total of 421,442 since the pandemic began; 2,202 people are in hospital, 755 of them in intensive care, and 516 on ventilators. To date, 7,735 people have died.
  • According to data from the Ministry of Health and Long-Term Care, there are 40 outbreaks in long-term-care facilities, 36 confirmed active cases of positive residents, and 127 confirmed active cases of positive staff. To date, there have been 3,755 confirmed resident deaths and 11 confirmed staff deaths.
  • Per the government’s report on Ontario’s vaccination program, as of 7 p.m. yesterday, Ontario has administered 66,897 new doses of COVID-19 vaccines, for a total of 3,904,778 since December 2020. 3,212,768 people have received only one dose, and 346,005 people have received both doses.

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Federal budget 2021 highlights: Child care, recovery benefits, OAS increases – everything you need to know

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The federal government’s first budget in more than two years certainly looks the part: At 739 pages, it is a hefty document chock full of billions in new spending.

Those funds will be spread among a number of key groups – students, seniors, parents and small-business owners, to name a few – as Ottawa looks to bolster Canada’s recovery from COVID-19 but also plan for life beyond the pandemic.

To that end, the deficit is projected to hit $354.2-billion in the 2020-21 fiscal year, which just ended – better than expected about five months ago, given the economy’s resilience over the winter months. It is estimated to fall to $154.7-billion this fiscal year, before dropping further in the years to come as pandemic spending recedes from view.

Here are some of the highlights from Monday’s budget.

The budget outlines tens of billions of dollars in federal subsidies for a national child-care program, a promise the Liberal Party has made in some form since the early 1990s. Child-care supports became a point of national debate during pandemic lockdowns as parents with young children struggled to juggle work and family responsibilities.

In total, the government proposes spending as much as $30-billion over the next five years, and $8.3-billion each year after that, to bring child-care fees down to a $10-a-day average by 2026. The proposal, which requires negotiation with the provinces and territories, would split subsidies evenly with those governments and targets a 50-per-cent reduction in average child-care fees by the end of 2022.

The federal program is largely modelled on Quebec’s subsidized child-care system, implemented in the 1990s in an effort to increase women’s access to the labour market. Since then, labour participation rates for women aged 25 to 54 in the province have grown to exceed the national average by four percentage points.

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