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Le Kernza, céréale de l’avenir?

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Richard Magnusson est producteur de grains à Roseau, dans le nord du Minnesota. Depuis plusieurs générations, sa famille cultive des plantes vivaces comme le trèfle et des herbes à gazon, des cultures qui se prêtent bien aux hivers rigoureux et aux printemps humides de sa région.

Richard Magnusson au volant d'un tracteur.Richard Magnusson récolte un champ de Kernza. Photo : Radio-Canada / Bert Savard

Or, depuis quelques années, Richard Magnusson et ses voisins cultivent une toute nouvelle plante vivace, destinée à la consommation humaine : le Kernza.

La culture des vivaces est le nirvana de l’agriculture. Aucun besoin de semer ni de labourer les champs. Et nous produisons de la nourriture!

Richard Magnusson, producteur de grains

Depuis des millénaires, la culture de céréales est faite à partir de plantes annuelles, sélectionnées pour produire une seule récolte. Chaque année, le cycle recommence, avec de nouvelles semences.

Or, cette façon de produire de la nourriture a un impact énorme sur nos écosystèmes. Source de consommation majeure de combustibles fossiles, l’agriculture est aussi la cause principale de la pollution des plans d’eau.

L’agropyre intermédiaire : la vivace qui promet

Dans les années 80, des chercheurs de Pennsylvanie répertorient une centaine de plantes vivaces qui pourraient se prêter à la production de céréales à grande échelle.

Kernza dans un champ.Des plants de Kernza dans un champ Photo : Radio-Canada / Ron Boileau

Une plante se démarque : l’agropyre intermédiaire, introduite sur le continent comme culture de fourrage.

L’agropyre intermédiaire a été choisi pour la grosseur de sa graine et sa résistance aux rigueurs de l’hiver. De plus, le grain a bon goût!

Don Wyse, professeur d’agronomie à l’Université du Minnesota

Le grain a une forte teneur en protéines, en calcium et en oméga-3. De plus, la plante est excellente pour la santé des sols.

Alors que les racines d’une plante annuelle comme le blé ne pénètrent environ qu’à un mètre dans le sol, l’agropyre a un réseau complexe de racines allant jusqu’à cinq mètres de profondeur.

Une infographie montrant la différence entre les racines de blé et de Kernza.Les racines de blé s’enfoncent moins profondément que celles du Kernza. Photo : Radio-Canada

Cela aide à prévenir l’érosion du sol et à réduire la pollution de la nappe phréatique.

Pendant une dizaine d’années, les chercheurs comme Don Wyse, professeur d’agronomie à l’Université du Minnesota, croisent des milliers de spécimens d’agropyre. Ils veulent augmenter la taille du grain et la solidité de la tige tout en gardant la force des racines.

Un chercheur dans un champ de Kernza.Don Wyse dans un champ de Kernza à l’Université du Minnesota Photo : Radio-Canada / Ron Boileau

Peut-on garder des racines fortes pour assurer la pérennité de la plante, tout en augmentant la taille de la graine? Notre défi portait donc sur la physiologie de la plante.

Don Wyse, professeur d’agronomie à l’Université du Minnesota

En 2013, une première variété d’agropyre destinée à la production agricole est créée. On l’appelle « Kernza ».

Une variété canadienne

Entre-temps, à l’Université du Manitoba, le biologiste Doug Cattani tente de créer une variété de Kernza bien adaptée au climat canadien.

Un homme dans un champ de Kernza au Manitoba.Doug Cattani dans un champ de Kernza à l’Université du Manitoba Photo : Radio-Canada / Ron Boileau

En cours de route, son travail de sélection est facilité par la météo : le Manitoba connaît deux hivers rigoureux, suivis chacun d’une fonte rapide et d’un regel soudain.

Cette série d’événements nous a fait perdre 60 % de nos plants. Par contre, nous savons que ceux qui ont résisté sont adaptés à notre printemps.

Doug Cattani, professeur de biologie à l’Université du Manitoba

Au Minnesota, quelques fermiers récoltent les premiers champs américains de Kernza en 2015. Onze mille kilos de graines qui serviront surtout à la production de bière artisanale.

Le Kernza : un aliment?

Mais la vraie question demeure : la céréale se prête-t-elle à la production de nourriture?

À Minneapolis, la boulangerie Baker’s Field Flour and Bread est l’une des premières à créer une farine de Kernza.

L’arôme est fabuleux : terreux avec des notes de noix. Mais la farine ne ressemble pas du tout à ce que les consommateurs connaissent.

Steve Horton, Baker’s Field Flour and Bread
Des mains avec de la farine.Farine de blé roux de printemps (gauche) et farine de Kernza Photo : Radio-Canada

Outre la couleur particulière, la taille du grain de Kernza est un défi : il est cinq fois plus petit que celui du blé, ce qui rend la production de pain difficile. Malgré ces défis, l’aliment suscite beaucoup d’intérêt.

Un boulanger avec du pain de kernza.La boulangerie Baker’s Field Flour and Bread Photo : Radio-Canada

Au Birchwood Cafe, le chef Daniel Schmit concocte différents mets avec du Kernza.

Je l’intègre dans le pain, les craquelins, les tortillas, les pâtisseries et même les crêpes. Ce n’est pas tant le goût du Kernza que la philosophie derrière cette céréale qui me motive.

Dan Schmit , chef au Birchwood Cafe

Et ses clients l’apprécient – les ventes de produits faits avec la céréale ne font qu’augmenter.

Ailleurs en ville, l’entreprise Dumpling and Strand fabrique des pâtes fraîches avec de la farine de Kernza.

Pâtes de Kernza.Pâtes de Kernza Photo : Radio-Canada

Mais il y a un hic : la farine de Kernza coûte cinq fois plus cher que celle de blé, en raison des stocks limités. Le marketing est donc ralenti par une production très modeste.

Pollution des sources d’eau potable

Les chercheurs de l’Université du Minnesota misent sur l’appui des communautés rurales pour assurer l’avenir de la céréale. Ils rencontrent les fermiers, les élus et les entrepreneurs dans certaines régions pour promouvoir le Kernza.

Des gens en réunion.Jacob Jungers, de l’Université du Minnesota, rencontre les résidents de Chatfield au Minnesota. Photo : Radio-Canada

Les municipalités qu’ils visitent ont une chose en commun : des taux de nitrate très élevés dans leurs nappes phréatiques.

Certaines communautés ont même été obligées de construire des usines de traitement d’eau potable, ce qui a entraîné des dépenses de plusieurs millions de dollars.

Jacob Jungers, professeur d’agronomie à l’Université du Minnesota

Les promoteurs de la céréale sont convaincus que le Kernza pourrait être une piste de solution au problème grandissant de pollution des sources d’eau potable.

À la fin de l’été 2018, la toute première variété canadienne de Kernza est récoltée, sur les parcelles expérimentales de l’Université du Manitoba.

Des agriculteurs dans un champ.Récolte de la première variété canadienne de Kernza Photo : Radio-Canada

Le grain récolté par Doug Cattani et son équipe servira à semer une trentaine d’hectares de Kernza sur des fermes manitobaines à l’automne 2019.

C’est une étape majeure dans ce projet. D’ici 10 ans, j’espère voir naître une production de Kernza qui atteindrait les 2000 à 4000 hectares.

Doug Cattani, professeur de biologie à l’Université du Manitoba

Au Canada comme aux États-Unis, le travail génétique se poursuivra pour améliorer la culture de la céréale. Car, malgré les succès des dernières années, les champs de Kernza produisent, à l’heure actuelle, trois fois moins que le blé.

Il faut une certaine productivité, car les gens cherchent la rentabilité.

Richard Magnusson, producteur de grains

Si une plante vivace souhaite un jour détrôner les géants de l’agriculture conventionnelle, il faudra d’abord qu’elle fasse ses preuves auprès de ceux qui la cultiveront.

Champs de Kernza.Champs de Kernza Photo : Radio-Canada



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Ces transhumanistes qui promettent l’immortalité

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Un badge défie la gravité au bout de l’annulaire de Dorian Kodelja. Comme dans tous les tours de magie, il y a une explication logique. Celle-ci est tout de même un peu inattendue. Le badge, loin d’échapper aux lois de la physique, est plutôt maintenu entre ciel et terre grâce à un petit aimant que Dorian s’est fait implanter au bout du doigt.

Le jeune homme, doctorant en intelligence artificielle, est un transhumaniste. Il croit que le corps de l’humain peut passer outre à certaines limites, et il est prêt à expérimenter de nouvelles sensations et fonctions avec son propre corps.

Un badge se colle comme par magie sur la main de l'homme.Un aimant est implanté dans le doigt du transhumaniste Dorian Kodelja. Photo : Radio-Canada / Janic Tremblay

Cet aimant lui permet maintenant de ressentir les champs électromagnétiques comme ceux émis par les fours à micro-ondes.

« Cela me permet de comprendre ce que ça fait que d’avoir un nouveau sens. Quand mon doigt vibre, je le ressens un peu comme une odeur de brûlé. Mon cerveau s’est adapté à cette nouvelle sensation », explique Dorian Kodelja.

Je ne vois pas mon corps comme un sanctuaire. Je suis prêt à y intégrer plein de choses, du moment qu’elles sont sécuritaires.

Dorian Kodelja
Dorian Kodelja.Le transhumaniste Dorian Kodelja Photo : Radio-Canada / Janic Tremblay

Dorian dit qu’il ne voit donc aucun problème à utiliser son corps de toutes les façons afin de tirer profit de la richesse du monde. C’est une partie seulement de l’idéologie transhumaniste, qui va beaucoup plus loin.

Téléverser son cerveau pour ne pas mourir

Le pape du mouvement, l’ingénieur et futurologue Raymond Kurzweil, ambitionne carrément d’en finir avec la mort. Il croit que dans quelques décennies, la puissance informatique et les développements de la science permettront de ne plus mourir… ou à tout le moins de téléverser son cerveau dans le nuage informatique afin de continuer à exister sous la forme d’un pur esprit jusqu’à la fin des temps.

Le spécialiste en intelligence artificielle a cofondé l’université de la singularité et est maintenant l’un des directeurs de Google. L’arrivée de ce théoricien du transhumanisme au sein du géant du web a renouvelé l’intérêt pour le mouvement. L’un des porte-parole de l’Association française transhumaniste, Florent Boissonnet, ne cache pas son enthousiasme.

On commence à penser que ça peut être possible. On va peut-être avoir une annonce de Google concernant un traitement pour augmenter la longévité. Peut-être demain? Dans 5 ans? Peut-être jamais aussi. On ne sait pas.

Florent Boissonnet, de l’Association française transhumaniste
Florent Boissonnet,.
      Florent Boissonnet, porte-parole de l’Association française transhumaniste Photo : Radio-Canada / Janic Tremblay

Il cite la compagnie Calico qui veut allonger la vie humaine. Ou encore Neuralink, compagnie du milliardaire Elon Musk, dont les travaux portent sur les interfaces cerveaux-machines. Et des tas d’applications qui sont aujourd’hui réservées à des personnes handicapées ou atteintes de certains problèmes médicaux, mais qui pourraient bien devenir accessibles au commun des mortels d’ici quelques années.

Le rêve d’augmenter l’humain

Un point en commun entre ces projets : il s’agit toujours d’augmenter l’humain. Des chantres du projet transhumaniste comme l’Américain Tim Cannon refusent les limites biologiques de notre espèce. Pendant quelques mois, il s’est même fait insérer, directement sous la peau, un dispositif de la taille d’un iPhone afin de transmettre ses données biométriques directement à son téléphone.

Le scientifique anglais Kevin Warwick va même plus loin en affirmant que, dans l’avenir, ceux qui refuseront de s’augmenter seront handicapés par rapport au reste de la population qui choisira la voie transhumaniste.

En France, l’un des plus influents porte-parole du transhumanisme est probablement le médecin et entrepreneur du web Laurent Alexandre.

Auteur d’un livre intitulé La mort de la mort, il est persuadé que les enfants qui naissent aujourd’hui vivront beaucoup plus longtemps. Il croit qu’ils profiteront d’avancées techniques et biomédicales que l’on n’imagine pas encore, mais qui commenceront à faire leur apparition dans une trentaine d’années, soit quand l’intelligence artificielle dépassera celle des humains, prévoit-il.

Cela pourrait signifier des puces dans le cerveau ou d’autres types d’augmentation. Qu’en sera-t-il alors de l’inviolabilité du corps ou de la dignité humaine? Il croit que ces principes vont fluctuer pour s’adapter à un nouveau contexte.

La plupart des gens accepteront les propositions des transhumanistes. Pour moins souffrir et moins mourir. Nous ne nous verrons pas de la même façon dans le futur. Les modifications dont nous parlons aujourd’hui paraîtront naturelles à nos descendants.

Laurent Alexandre, médecin et entrepreneur du web
Laurent Alexandre est en train de parler au micro devant un lutrin.         Laurent Alexandre, lors d’un dîner-conférence devant les membres du Cercle de l’union interalliée à Paris en novembre 2018 Photo : Radio-Canada / Janic Tremblay

Le transhumanisme, une utopie?

Le projet transhumaniste est loin de faire l’unanimité et reçoit de virulentes critiques dans le monde de la science et de l’éthique. Jacques Testart est justement au confluent de ces deux mondes.

Le biologiste, connu comme le père du premier bébé-éprouvette français, est un scientifique, mais aussi un bioéthicien de renom. Il a publié il y a quelques mois un livre intitulé Au péril de l’humain – Les promesses suicidaires des transhumanistes. Pour lui, rien dans l’état actuel de la science ne valide les idées et les projections des transhumanistes.

Ils vous disent qu’on va mettre le contenu de nos cerveaux sur un disque dur. Cela ébahit les gens. Mais la vérité c’est qu’on n’a strictement aucune idée comment faire ça! Il n’y a aucune base scientifique!

Le biologiste Jacques Testart
Jacques Testart.                  Jacques Testart, rencontré chez lui en banlieue de Paris. Photo : Radio-Canada / Janic Tremblay

Il rappelle que l’on ne sait presque rien du génome et du fonctionnement du cerveau. Partisan d’une science lente et précautionneuse, il est persuadé qu’il faudra encore de très nombreuses années avant de voir certains volets du projet des transhumanistes devenir possibles. Mais, de toute façon, il rejette en bloc à peu près tout ce qu’ils proposent.

Pour moi le transhumanisme, c’est le nouveau nom de l’eugénisme. Fabriquer des individus identiques et hyperperformants, moi, j’appelle cela du clonage social.

Le biologiste Jacques Testart

Ses reproches ne s’arrêtent pas là. Pour Jacques Testart, le transhumanisme n’est pas un projet de société, mais plutôt un amalgame d’aspirations individuelles et égoïstes. Il cherche sans les trouver les valeurs collectives et citoyennes dans ce mouvement.

Ce sont des libertariens qui créent de nouveaux mythes en promettant l’immortalité. Il y a même une forme de violence contre ceux qui ne se soumettraient pas à ce nouvel idéal.

Le biologiste Jacques Testart

« Cela ne fonctionnera pas, mais ça fait quand même du mal à notre espèce, car cela isole les gens. Où est l’empathie? Où est la solidarité dans tout ça? Il ne faudrait pas oublier que si Homo sapiens a réussi à s’imposer, c’est surtout grâce à la coopération qui caractérise notre espèce », observe Jacques Testart.




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Huawei survivrait-elle à des sanctions américaines?

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Soupçonnée notamment d’espionnage industriel et de fraude bancaire, la firme chinoise serait assez puissante pour encaisser les millions de dollars américains d’amendes que pourrait lui imposer le département américain de la Justice.

« C’est une très grande compagnie si l’on regarde son chiffre d’affaires. Elle offre également un bon rapport qualité-prix », estime Zhan Su, professeur au Département de management à l’Université Laval et titulaire de la chaire Stephen-A.-Jarislowsky en gestion des affaires internationales.

Huawei est, depuis l’été 2017, le deuxième producteur de téléphones intelligents en importance dans le monde, derrière le coréen Samsung et devant l’américain Apple.

L’entreprise chinoise est également en tête pour ce qui est des équipements de réseaux de télécommunication (tours cellulaires, modems, etc.) devant Nokia et Ericsson.

Un panneau publicitaire de Huawei est visible devant un magasin Apple dans une rue de Shanghai.Huawei est l’un des trois principaux fournisseurs de téléphones intelligents au monde, devant Apple. Photo : Getty Images / STR

Ce qui pourrait faire mal à Huawei, ce sont de potentielles sanctions contre les banques américaines qui font affaire avec l’entreprise, un scénario que M. Su juge peu probable.

« Les Américains contrôlent le système financier global. Si les Américains imposent une sorte de sanction contre toutes les banques qui font affaire avec Huawei, ça pourrait être très très dur. Fatal? Je ne crois pas. »

Le cas de ZTE

La situation entre Huawei et les États-Unis n’est pas sans rappeler une crise similaire qui avait opposé le gouvernement américain à une autre firme chinoise en mars 2017.

À l’époque, l’entreprise ZTE avait plaidé coupable à des accusations de non-respect des sanctions économiques américaines contre l’Iran. La firme s’était engagée à payer une somme de plus d’un milliard de dollars américains.

Or, ZTE n’a pas respecté son engagement et le gouvernement Trump avait empêché certaines entreprises américaines de fournir du matériel à ZTE, ce qui l’a poussée vers la faillite.

Un homme passe devant un écran présentant la valeur de différentes actions boursières, dont celle de ZTE.La valeur des actions de ZTE avait chuté de 39 % en juin 2018 après une entente entre la compagnie chinoise et le gouvernement américain. Photo : Getty Images / Philip Fong

Cette interdiction a depuis été levée par les États-Unis, mais l’histoire ressemble beaucoup à celle de Huawei, selon M. Su. Il rappelle que les deux entreprises sont perçues comme des menaces par les Américains; elles évoluent dans le domaine de la télécommunication et auraient outrepassé les sanctions contre l’Iran.

« Huawei est beaucoup moins dépendante [que ZTE] des pièces fournies par des compagnies américaines, explique le professeur. Elle importe beaucoup, mais elle détient beaucoup de monnaies d’échange. »

Dépendance asymétrique

M. Su précise que Huawei détient près de 46 % des brevets en lien avec la technologie 5G, la prochaine révolution technologique dans le domaine des télécommunications.

Le professeur poursuit en précisant que Huawei a « peu besoin » du marché américain pour se développer.

Ce sont plutôt les pays occidentaux qui se retrouveront avec un casse-tête s’ils prennent la décision, à l’instar des Américains, d’empêcher la firme chinoise de faire des affaires sur leur territoire.

« La technologie de 5G fournie par Huawei est beaucoup plus intéressante que les autres compagnies et c’est peut-être la seule grande entreprise qui peut la commercialiser maintenant », estime M. Su, qui ajoute que les pays refusant de faire affaire avec la compagnie chinoise pourraient accuser d’importants retards dans la mise en place de cette nouvelle technologie.

Un homme tend la main vers une présentation vidéo d'une tour de télécommunication devant plusieurs journalistes.Huawei a présenté en janvier 2019 ses équipements pour le réseau 5G à Pékin en Chine. Photo : Getty Images / Fred Dufour

Au Canada, les entreprises Bell et Telus ont émis des réserves quant à une interdiction pour Huawei de s’implanter au pays.

« Les équipements Huawei sont déjà bien présents dans les réseaux de télécommunications actuels au Canada [le 3G et le 4G]. De passer au 5G, ce n’est pas d’éliminer toutes les anciennes infrastructures, c’est plutôt d’utiliser ce qui existe déjà », explique M. Su.

C’est sans compter que l’entreprise peut toujours se tourner vers les marchés asiatiques, africains et sud-américains où elle est déjà bien implantée.

En 2017, 15 % des ventes d’appareils mobiles de Huawei avaient été réalisées en Amérique latine, au Moyen-Orient et en Afrique.

Dans tous les cas, Zhan Su rappelle que les pays occidentaux doivent faire preuve de prudence lorsqu’ils font affaire avec Huawei, sans toutefois tomber dans un état de crainte injustifiée.

« Il y a un calcul économique et il y a la question de la sécurité nationale, rappelle-t-il. La question de sécurité nationale ne se pose pas nécessairement en termes de faits, de menaces tangibles qui justifient nos actions. C’est plutôt une sorte de doute. »

Le professeur rappelle que les États-Unis et d’autres pays enquêtent sur Huawei depuis une dizaine d’années sans qu’aucune menace réelle n’ait été dévoilée.

« Notre système juridique se base sur la présomption d’innocence, estime-t-il. Est-ce qu’on va prendre une décision en fonction uniquement de doutes? »



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Des centaines de personnes rendent hommage à la fillette tuée en banlieue de Toronto

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Des chandelles ont été allumées à 18 h, au parc Meadowvale Village de Mississauga, à deux pas de l’école fréquentée par la jeune fille.

L’organisatrice de l’événement, Amrita Naipaul, a raconté à Radio-Canada être une connaissance de la mère de la victime. « En tant que communauté, la disparition de la petite a été ressentie par tout le monde », a soutenu l’organisatrice dans une publication Instagram.

Il y a tant de gens qui ont souffert de la disparition de cet ange, la famille de Riya a besoin de nos prières et de notre amour.

Amrita Naipaul, dans une publication Instagram
Un homme avec une chandelle à la main.Un homme avec une chandelle à la main. Photo : Radio-Canada

L’enquête pour homicide avait débuté après que le corps de la jeune 11 ans, eut été retrouvé dans une résidence, dans la nuit de jeudi à vendredi.

L’enfant avait fait l’objet d’une alerte Amber.

Des fleurs et des ballonsDes fleurs et des ballons ont été déposés à la résidence où le corps de la fillette a été retrouvé. Photo : Radio-Canada / Linda Ward

Le père de fillette, Roopesh Rajkumar a été arrêté par la police sur la route 11 à Orillia, à environ 130 km au nord de Brampton. Il fait face à une accusation de meurtre au premier degré.

La victime avait passé la journée avec son père pour célébrer son anniversaire, selon la police. L’homme de 41 ans, qui n’avait pas la garde de l’enfant, devait la ramener avant 18 h 30.

L’enquête sur les circonstances entourant la mort de la jeune fille se poursuit.



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