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« On se sent trahis », confient des candidats à l’immigration travaillant déjà au Québec

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« J’ai fait tout comme il faut. Je travaille, je paie mes impôts, je suis les règles, j’ai appris le français, je me suis intégrée, mais on me dit maintenant de tout recommencer », déplore, la voix tremblante, Fernanda Pérez-Gay Juárez.

Âgée de 30 ans, cette docteure en neuroscience à l’Université McGill a quitté le Mexique en 2013 pour terminer ses études à Montréal. Après avoir profité d’un permis d’étude, elle a déposé une demande de Certificat de sélection du Québec (CSQ) en janvier 2018, moyennant des frais dépassant le millier de dollars, notamment pour attester de sa connaissance du français et de l’anglais.

Jeudi, vers 13 h, un courriel provenant du ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion (MIDI) l’a informé de l’arrêt, provisoire, du traitement de son dossier « jusqu’à ce que les travaux parlementaires soient terminés ». Quelques minutes plus tôt, le gouvernement Legault avait annoncé son intention d’éliminer les quelque 18 000 dossiers non traités pour mettre en place plus rapidement les engagements de la Coalition avenir Québec (CAQ).

Un courrielAgrandir l’imageLe ministère de l’Immigration a fait parvenir un courriel à toutes les personnes ayant déposé une demande Certificat de sélection du Québec (CSQ) avant le 2 août 2018 pour leur signifier que le traitement de leur dossier est suspendu. Photo : Gracieuseté

« Je me suis sentie fâchée, déçue et découragée », raconte-t-elle, tout en déplorant « la mauvaise image » répandue par le gouvernement.

La jeune femme se dit en pleine réflexion. « Je vais éventuellement faire une demande en Ontario ou dans une autre province », glisse-t-elle.

On se sent trahis. Nous dire de tout recommencer à zéro, c’est décourageant. Je n’arrive pas à y croire.

Fernanda Pérez-Gay Juárez, une Mexicaine au Québec depuis 2013

À l’image de Fernanda Pérez-Gay Juárez, une douzaine de personnes, originaires de différents continents et vivant une situation similaire, ont confié à Radio-Canada leur détresse. Parfois aux bords des larmes, ils déplorent unanimement le manque d’attention à leur égard.

« C’est hallucinant », commente ce Français trentenaire, travaillant dans le milieu audiovisuel, qui patientait depuis plus d’un an, rappelant les mois passés pour envoyer un dossier complet et le stress d’attendre une réponse. Un autre dit avoir passé la nuit à chercher toutes les options pour rester au pays.

Le ministre québécois de l'Immigration, Simon Jolin-Barrette. Le ministre québécois de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette, a déposé jeudi son projet de loi. Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

« J’ai pleuré »

« Quand j’ai eu ce courriel, j’ai pleuré. C’est la première fois que ça m’arrive », assure de son côté Amirouche Bourefouf, qui est préposé aux bénéficiaires à Laval.

Arrivé au printemps 2016 pour suivre une formation en assistance à la personne à domicile, cet Algérien de 31 ans était « tombé en amour avec le Québec ». Depuis près d’un an et demi, il attendait une réponse de la part du MIDI.

« Je travaille, j’ai ma vie ici, des amis, je voulais acheter une maison avec ma conjointe, détaille-t-il. J’ai choisi le Québec pour la langue française, pour m’intégrer plus facilement. Pour moi, le Québec était le rêve pour toutes les personnes qui rêvent d’une vie égalitaire. Maintenant, j’ai honte de raconter ma situation à mes amis en Algérie, au Maroc ou en France. »

On est prêt à mettre à la porte des gens qui vivent au Québec, qui ont appris le français. Il y a des gens qui ont une famille, une épouse, des enfants.

Amirouche Bourefouf, un Algérien au Québec depuis 2016

«  J’ai un emploi, je suis diplômée, je parle français et anglais  »

Rêvant de s’installer durablement au Québec, ces immigrants clament avoir perdu « confiance ». Alors que le gouvernement leur propose de soumettre une nouvelle demande à travers le système Arrima, qui oblige les candidats à reprendre ce long processus débutant par une déclaration d’intérêts, ils s’offusquent.

« Le gouvernement explique [dans son courriel] que c’est pour ” une intégration réussie des personnes immigrantes “. On me dit ça à moi? J’ai un emploi, je suis diplômée, je parle français et anglais. On marche sur la tête », affirme Stéphanie Dufaud, une relationniste française, basée à Montréal depuis cinq ans.

« C’est dramatique », complète Régis Hakin, un Belge venu de Bruxelles en 2014. Étudiant en doctorat en sociologie à l’Université de Montréal, ne comprend pas le discours de François Legault.

« Il dit vouloir favoriser la francisation et l’intégration. Mais dans les 18 000 dossiers, il y a sûrement beaucoup de francophones, bien intégrés. C’est absurde », juge celui qui partage sa vie avec une Québécoise.

On ne nous voit plus comme des humains. C’est une vision purement économique.

Régis Hakin, un Belge au Québec depuis 2014

« J’ai mon chum ici, je vis ici, je suis intégrée. Tout s’écroule. C’est une galère », reprend Stéphanie Dufaud, qui a déposé sa demande de CSQ en juin 2017, après avoir profité du Programme Vacances-Travail (PVT) pour découvrir la province.

Recours collectif envisagé

Présenter une nouvelle demande serait problématique, jugent ces derniers, qui veulent s’installer durablement au Québec.

« Avec mes études, puisqu’il n’y a pas de pénurie dans la sociologie, rien ne me garantit maintenant d’être sélectionné. Pourtant, ce qui est dramatique, c’est qu’initialement, je remplissais les critères », indique Régis Hakin.

Un sentiment partagé par Merzouk Dahmoun, qui avait joint une lettre d’emploi du Centre intégré de santé et de services sociaux de Laval à sa demande débutée en juillet 2017. « Il n’y a aucune considération pour nous. Ce traitement est inhumain », ajoute cet Algérien de 29 ans.

« Je suis perdu », relate pour sa part Kyran Assing, un violoncelliste professionnel de 26 ans, passé par l’Université Concordia.

Une capture d'écran de la page web du Ministère de l'Immigration, Diversité et InclusionUne capture d’écran de la page web du ministère de l’Immigration, Diversité et Inclusion consacrée au nouveau projet de loi en matière d’immigration déposé à l’Assemblée nationale. Photo : Radio-Canada

Le jeune musicien a quitté son île de Trinidad-et-Tobago en 2011, direction Vancouver. En 2016, il décide de s’installer à Montréal. Un coup de cœur. « C’est vraiment chez moi. J’aime la vie, la culture, la manière de vivre », explique-t-il, d’une petite voix, avouant être encore choqué, alors que son permis actuel se termine le 3 juin.

« Je ne pourrais plus quitter le pays pour des concerts, sinon je ne pourrais plus revenir chez moi. Je n’ai aucune idée quoi faire », concède-t-il.

D’un coup, on nous dit qu’on n’est plus les bienvenus ici. On nous demande de recommencer le processus, comme si tout ce qu’on avait accompli au Québec ne comptait pas.

Stéphanie Dufaud, une Française au Québec depuis 2014

Stéphanie Dufaud jure « ne pas vouloir lâcher l’affaire » et « se battre ». « S’il le faut, on ira manifester devant le Parlement et on lancera une action collective », avance-t-elle.

Membre de l’Association québécoise des avocats en droit de l’immigration, Me HoSung Kim ne ferme pas la porte à un recours collectif. Décrivant l’exemple de plusieurs de ses clients provenant d’Asie, dont certains occupent d’importantes responsabilités dans le milieu des affaires, l’avocat reste perplexe face aux conséquences de ce projet de loi.

« Mes clients pourraient ne pas se qualifier selon ce nouveau système. Pourtant, ils vivent ici depuis parfois cinq ans. Ils ont pu faire des études, pris des cours de français pour s’intégrer. Ce n’est pas une question de 1000 $. Certains ont investi des milliers de dollars et maintenant, on clôture leur dossier. C’est vraiment injuste. »

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List of Tourist Attractions Open Now in Ottawa

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With Ontario now in Step 3 of 2021 three-step plan for reopening, museums and other indoor attractions are allowed to reopen with capacity limited to not exceed 50 per cent capacity indoors and 75 per cent capacity outdoors.

Here is a list of Ottawa attractions you can visit starting July 16th.

Do remember to wear masks and buy tickets in advance.

Parliament Hill

Parliament’s Centre Block and Peace Tower are closed for renovation.

You can join for tours of the Senate of Canada Building (2 Rideau Street), House of Commons at West Block (111 Wellington Street) on Parliament Hill, and East Block at East Block (111 Wellington Street) on Parliament Hill.

When: Grounds open; guided tours of Parliament are suspended through the summer of 2021.
Where: 111 Wellington Street, Downtown Ottawa

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Ottawa performer leapfrogs from gymnastics to Broadway to TV

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A new AppleTV+ series set in a magical town that’s stuck in a neverending 1940s musical includes a pair of Ottawa siblings in the cast. 

Warren Yang and his sister, Ericka Hunter, play two of the singing, dancing residents of the village portrayed in Schmigadoon!, a small-screen series that takes its cues from classic musicals like Brigadoon, Wizard of Oz and Sound of Music, and skewers them with the offbeat comedic mastery of Saturday Night Live. 

In fact, you’ll recognize many of the names from SNL, starting with executive producer Lorne Michaels, creator of the late-night, live-comedy sketch show. Schmigadoon! also stars SNL cast member Cecily Strong and comedian Keegan-Michael Key, who hosted SNL in May. They play a New York couple who get lost on a hike and stumble into a strange town where everyone sings and dances. 

For Yang, a relative newcomer to show-biz, the series marks his television debut. For Hunter, the younger of his two older sisters, it’s the latest in a career path that began with dance lessons as a child more than 30 years ago. She attended Canterbury High School, Ottawa’s arts-focused secondary school. 

“Her dream was always to perform,” said Yang, 34, in an interview. “But that was never the path I thought was an option for me.” 

While his sister studied dance, Yang did gymnastics. He was an elite gymnast throughout his youth, ultimately leaving Merivale High School at 16 to train in Montreal, finishing high school through correspondence courses. He was a member of the Canadian National Team and received a scholarship to study at Penn State, majoring in marketing. 

A few years after graduation, Yang was working at an advertising agency in Toronto when he got a call from a Manhattan number. To his astonishment, they asked if he would be interested in auditioning for a Broadway revival of Miss Saigon.

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COVID-19: uOttawa to require vaccination for students living in residence

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Vaccination will be mandatory for students who want to live in residence at the University of Ottawa this year, with proof of vaccination and at least one dose required before move-in, or within two weeks of doing so if they can’t secure a shot before arriving.

Those who can’t receive a vaccine for “health-related reasons or other grounds protected under the Ontario Human Rights Code” will be able to submit a request for accommodation through the university’s housing portal, according to information on the university’s website.

Students with one dose living in residence will also have to receive their second dose “within the timeframe recommended by Ottawa Public Health.”

People who haven’t been granted an exemption and don’t get vaccinated or submit proof of having done so by the deadlines set out by the school will have their residence agreements terminated, uOttawa warns.

“Medical and health professionals are clear that vaccination is the most (effective) means of protecting people and those around them,” reads a statement provided to this newspaper by uOttawa’s director of strategic communications, Patrick Charette.

Article content

“It is precisely for this reason that the University of Ottawa is requiring all students living in residence for the 2021-2022 academic year to be fully vaccinated. The University recognizes that some students may require accommodations for a variety of reasons and will be treating exceptions appropriately.”

Faculty, staff and students are also strongly encouraged to get vaccinated, the statement notes.

“Ensuring a high vaccine coverage in all communities is critical to ensuring an ongoing decline in cases and ending the pandemic. This will be especially important with the return of students to post-secondary institutions in our region in the fall of 2021.”

Neither Carleton University nor Algonquin College is currently mandating vaccination for students living in residence, according to the websites for both schools. But uOttawa isn’t alone in its policy – Western University, Trent University, Durham College and Fanshawe College have all implemented similar requirements. Seneca College, in the GTA, is going even further, making vaccination mandatory for students and staff to come to campus, in-person, for the fall term.

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