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« Nous ne pouvons pas tous nous enfuir » – Obed Lamy, jeune journaliste haïtien

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Un texte d’Anne Marie Lecomte

Obed Lamy a 26 ans et il dirige une plateforme d’information en Haïti, Enfo Sitwayen (Info citoyen). Le journaliste décrit ainsi « l’environnement assez fragile » à Port-au-Prince, au lendemain d’une vaste manifestation nationale qui a fait au moins deux morts. « Il n’y a pas d’activités comme à l’accoutumée, pas beaucoup de transport, et il y a de la tension par moments dans certaines rues, certains quartiers. »

La tension se manifeste par « des pneus enflammés, des tirs »; et dans ce climat d’insécurité, écoles et commerces sont presque tous fermés.

Aux Gonaïves, troisième ville en importance du pays, une nouvelle manifestation vendredi a fait trois morts et dix blessés, selon le sénateur du département de l’Artibonite, Youri Latortue, cité sur 509.zone.com. Et à Petit-Goâve aussi, on a manifesté…

« La réalité est très difficile et tout le monde le vit, affirme Obed Lamy. La gourde perd de sa valeur par rapport au dollar [américain], les prix de première nécessité augmentent grandement et les gens sont au chômage. »

Un jeune homme photographié en gros plan regarde droit devant.Obed Lamy, journaliste, vit à Port-au-Prince où il dirige la plateforme d’information « Enfo Sitwayen ». Photo : Twitter/@obedl92

Fatigués de la misère

Également basé à Port-au-Prince, l’économiste Etzer Émile résume en ces mots le sentiment de milliers de manifestants qui sont descendus dans les rues du pays, jeudi : « Les gens […] expriment leur colère par rapport à l’incapacité des dirigeants d’apporter des solutions ».

Les manifestants ne revendiquent pas tous la même chose, explique l’économiste qui est l’auteur de l’essai intitulé Haïti a choisi de devenir un pays pauvre. « D’abord, il y a la question de PetroCaribe, qui est liée à la lutte contre la corruption », dit-il.

Il y a des gens dans les rues pour demander le départ du président, mais il y en a d’autres qui […] sont fatigués avec la misère, la vie chère et la frustration par rapport aux inégalités.

Etzer Émile, économiste haïtien

Malversations, détournement et corruption

Le président, Jovenel Moïse, faisait déjà l’objet de vives critiques, en novembre dernier, lorsque des manifestations avaient réclamé sa démission.

Puis, fin janvier, la parution d’un rapport accablant sur la mauvaise gestion des finances publiques « a jeté de l’huile sur le feu », affirme Etzer Émile.

Ce rapport porte sur la gestion du Fonds PetroCaribe, constitué des quelques milliards de dollars qu’avait prêtés le Venezuela à Haïti, il y a dix ans. Il y a eu « malversations, mauvaise utilisation, détournement et corruption dans la gestion de ces fonds », énumère l’économiste Etzer Émile.

« On demande que des gens soient arrêtés, que justice soit mise en mouvement », dit M. Émile qui ajoute que nombre d’Haïtiens « ont faim et ne peuvent plus supporter la misère et la pauvreté qu’il y a dans le pays aujourd’hui ».

Selon l’économiste, la situation en Haïti peut s’enflammer « à n’importe quel moment ».

Un homme haïtien portant veston et cravate sourit, photographié en gros plan.Etzer Émile, économiste basé à Port-au-Prince, est l’auteur de l’essai intitulé « Haïti a choisi de devenir un pays pauvre ». Photo : http://www.loophaiti.com

Des promesses non tenues

Selon MM. Émile et Lamy, la frustration du peuple haïtien est d’autant plus grande que les promesses faites depuis deux ans ne sont pas concrétisées. « Ce président, Jovenel Moïse, a promis beaucoup de choses à la population, dit Obed Lamy, notamment de donner à manger aux gens et de relancer la production agricole, parce qu’il avait d’ailleurs fait campagne sur l’agriculture, son principal créneau. »

« Il [Jovenel Moïse] n’a pas livré la marchandise », dit encore Obed Lamy.

À Port-au-Prince, des « bandits armés » sévissent dans certains quartiers, et la police se livre « à des actes de répression », décrit le directeur d’Enfo Sitwayen.

Les gens ont peur : « Depuis quelque temps, toujours, on entend des tirs. Moi-même, j’habite près d’un quartier populaire au bord de la mer qui s’appelle Cité de Dieu ou Cité l’Éternel, tout le temps on entend des détonations […]. »

Il y a ce sentiment de peur et cette insécurité qui existent réellement parce que, vraiment, la police et le gouvernement n’ont pas réussi à établir une sorte d’autorité ou à prendre le contrôle de ces quartiers.

Obed Lamy, décrivant la situation de quartiers de Port-au-Prince

« Notre avenir est hypothéqué »

Le jeune journaliste croit que ce sont les jeunes qui sont les plus engagés dans le mouvement de mobilisation qui secoue Haïti.

« C’est la réalité qui nous traverse, nous les jeunes en Haïti, notre avenir est hypothéqué », affirme Obed Lamy.

Ceux qui ont la chance d’avoir fréquenté l’université trouvent peu ou pas de travail. « Et même ceux d’entre nous qui avons un petit boulot ne réussissons pas à joindre les deux bouts, tant le coût de la vie augmente. » La classe moyenne elle-même s’appauvrit et peine à répondre à ses besoins, ajoute-t-il.

Dans cette « misère abjecte », quantité de jeunes gens fuient Haïti.

Dimanche dernier, près d’une trentaine de migrants haïtiens sont morts noyés au large des Bahamas. Les autorités bahamiennes affirment avoir intercepté environ 300 illégaux haïtiens, et ce, depuis le début de l’année seulement.

Rester pour améliorer les choses

Trente-trois ans après la fin de la dictature des Duvalier, « la réalité n’a pas trop changé » en Haïti, se désole Obed Lamy. Malgré tout, le jeune journaliste est « déterminé à rester et à se battre ici ».

Il se dit privilégié d’avoir eu accès à l’université et croit qu’il peut « agir sur la réalité ».

« Définitivement, nous ne pouvons pas tous nous enfuir », affirme-t-il.

Avec les informations de Diana Gonzalez, AFP, RFI et New York Times

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List of Tourist Attractions Open Now in Ottawa

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With Ontario now in Step 3 of 2021 three-step plan for reopening, museums and other indoor attractions are allowed to reopen with capacity limited to not exceed 50 per cent capacity indoors and 75 per cent capacity outdoors.

Here is a list of Ottawa attractions you can visit starting July 16th.

Do remember to wear masks and buy tickets in advance.

Parliament Hill

Parliament’s Centre Block and Peace Tower are closed for renovation.

You can join for tours of the Senate of Canada Building (2 Rideau Street), House of Commons at West Block (111 Wellington Street) on Parliament Hill, and East Block at East Block (111 Wellington Street) on Parliament Hill.

When: Grounds open; guided tours of Parliament are suspended through the summer of 2021.
Where: 111 Wellington Street, Downtown Ottawa

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Ottawa performer leapfrogs from gymnastics to Broadway to TV

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A new AppleTV+ series set in a magical town that’s stuck in a neverending 1940s musical includes a pair of Ottawa siblings in the cast. 

Warren Yang and his sister, Ericka Hunter, play two of the singing, dancing residents of the village portrayed in Schmigadoon!, a small-screen series that takes its cues from classic musicals like Brigadoon, Wizard of Oz and Sound of Music, and skewers them with the offbeat comedic mastery of Saturday Night Live. 

In fact, you’ll recognize many of the names from SNL, starting with executive producer Lorne Michaels, creator of the late-night, live-comedy sketch show. Schmigadoon! also stars SNL cast member Cecily Strong and comedian Keegan-Michael Key, who hosted SNL in May. They play a New York couple who get lost on a hike and stumble into a strange town where everyone sings and dances. 

For Yang, a relative newcomer to show-biz, the series marks his television debut. For Hunter, the younger of his two older sisters, it’s the latest in a career path that began with dance lessons as a child more than 30 years ago. She attended Canterbury High School, Ottawa’s arts-focused secondary school. 

“Her dream was always to perform,” said Yang, 34, in an interview. “But that was never the path I thought was an option for me.” 

While his sister studied dance, Yang did gymnastics. He was an elite gymnast throughout his youth, ultimately leaving Merivale High School at 16 to train in Montreal, finishing high school through correspondence courses. He was a member of the Canadian National Team and received a scholarship to study at Penn State, majoring in marketing. 

A few years after graduation, Yang was working at an advertising agency in Toronto when he got a call from a Manhattan number. To his astonishment, they asked if he would be interested in auditioning for a Broadway revival of Miss Saigon.

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COVID-19: uOttawa to require vaccination for students living in residence

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Vaccination will be mandatory for students who want to live in residence at the University of Ottawa this year, with proof of vaccination and at least one dose required before move-in, or within two weeks of doing so if they can’t secure a shot before arriving.

Those who can’t receive a vaccine for “health-related reasons or other grounds protected under the Ontario Human Rights Code” will be able to submit a request for accommodation through the university’s housing portal, according to information on the university’s website.

Students with one dose living in residence will also have to receive their second dose “within the timeframe recommended by Ottawa Public Health.”

People who haven’t been granted an exemption and don’t get vaccinated or submit proof of having done so by the deadlines set out by the school will have their residence agreements terminated, uOttawa warns.

“Medical and health professionals are clear that vaccination is the most (effective) means of protecting people and those around them,” reads a statement provided to this newspaper by uOttawa’s director of strategic communications, Patrick Charette.

Article content

“It is precisely for this reason that the University of Ottawa is requiring all students living in residence for the 2021-2022 academic year to be fully vaccinated. The University recognizes that some students may require accommodations for a variety of reasons and will be treating exceptions appropriately.”

Faculty, staff and students are also strongly encouraged to get vaccinated, the statement notes.

“Ensuring a high vaccine coverage in all communities is critical to ensuring an ongoing decline in cases and ending the pandemic. This will be especially important with the return of students to post-secondary institutions in our region in the fall of 2021.”

Neither Carleton University nor Algonquin College is currently mandating vaccination for students living in residence, according to the websites for both schools. But uOttawa isn’t alone in its policy – Western University, Trent University, Durham College and Fanshawe College have all implemented similar requirements. Seneca College, in the GTA, is going even further, making vaccination mandatory for students and staff to come to campus, in-person, for the fall term.

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