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Un accélérateur de particules fait renaître des photos anciennes

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Des tuyaux d’acier courent dans toutes les directions et s’étirent sur une surface grande comme un terrain de football. Les fils électriques se comptent par dizaines de milliers. Nous sommes au Centre canadien de rayonnement synchrotron, à Saskatoon. La chercheuse Madalena Kozachuk est venue dans cet endroit aux allures futuristes pour faire revivre des trésors du passé.

On voit les installations complexes du synchrotron.Le synchrotron de Saskatoon Photo : Radio-Canada

Dans ses bagages, elle a apporté quelques daguerréotypes, prêtés par le Musée des beaux-arts du Canada. Les daguerréotypes sont des photographies du 19e siècle, imprimées sur des plaques d’argent.

Certains sont tellement ternis qu’on n’arrive plus à distinguer les images. Les restaurateurs n’osent pas les nettoyer, de peur de les endommager.

Grâce au synchrotron de Saskatoon, une espèce de microscope géant, Madalena Kozachuk arrive à reconstituer les images.

Sur un daguerréotype complètement noirci, elle a découvert l’image d’un homme en costume, assis sur une chaise en bois sculpté.

On voit un homme, assis sur une chaise en bois sculpté. Il porte un chapeau.Portrait d’un homme dans ses vêtements de travail, vers 1850. Photo : Institut canadien de la photographie/Musée des beaux-arts du Canada

Sur un autre, le synchrotron a révélé une femme.

« C’est très émouvant. Vous avez ce moment qui était perdu dans le temps et tout à coup, vous lui donnez une seconde vie », raconte celle qui complète un doctorat en chimie à l’Université de Western Ontario.

Il s'agit d'une photo du 19e siècle, montrant une femme.Le synchrotron permet de voir à travers la couche de ternissure qui recouvre le daguerréotype, révélant le portrait d’une femme. Photo : Institut canadien de la photographie/Musée des beaux-arts du Canada

Le daguerréotype

Le procédé du daguerréotype a été inventé par le Français Louis Daguerre, dans les années 1830.

La résolution des daguerréotypes est comparable à celle des caméras numériques d’aujourd’hui. C’est assez incroyable, quand on sait qu’il s’agit du premier procédé photographique jamais commercialisé.

Madalena Kozachuk
On voit Mme Kozachuk, penchée, de profil, qui examine des daguerréotypes posés sur une table. Derrière elle, on voit des livres sur les étagères d'une bibliothèque.Madalena Kozachuk arrive à reconstituer des images à partir des daguerréotypes du 19e siècle. Photo : Radio-Canada

Pour fabriquer ces photographies, on utilise une plaque de cuivre, recouverte d’une mince couche d’argent.

Cette plaque est d’abord polie, puis exposée à des vapeurs d’iode. L’iode réagit avec l’argent pour former de l’iodure d’argent, un composé sensible à la lumière.

On place ensuite la plaque photosensible dans une boîte coulissante, munie d’une ouverture pour la prise de vue.

Pour finir, on expose la plaque à des vapeurs de mercure. Le mercure se combine à l’iodure d’argent et forme un amalgame, uniquement aux endroits où la lumière a agi. L’image se révèle.

Pour protéger les daguerréotypes, les plaques d’argent sont placées à l’intérieur de boîtiers de verre étanches. Il arrive, malgré tout, que l’air arrive à s’infiltrer.

On voit un daguerréotype dans son boîtier. Les plaques d’argent sont conservées dans des boîtiers de verre étanches pour les protéger de l’air. Photo : Radio-Canada

« C’est de l’argent. Ça ternit, comme l’argenterie de votre mère. Mais vous ne pouvez pas les frotter, parce que ça effacerait l’image », explique John McElhone, expert des photographies anciennes qui, jusqu’à récemment, était chef du département de restauration au Musée des beaux-arts du Canada.

Accélérateur d’électrons

Madalena Kozachuk a fait équipe avec John McElhone pour tenter de sauver des daguerréotypes jugés irrécupérables. Elle a amené les plaques jusqu’à Saskatoon, où se trouve le seul synchrotron au Canada.

Un synchrotron, c’est un immense instrument qui sert à accélérer des particules subatomiques à des vitesses folles. Celui de Saskatoon est un accélérateur d’électrons.

Les électrons sont d’abord éjectés par un canon, puis envoyés vers un premier accélérateur de forme linéaire. Ils atteignent une vitesse qui frôle celle de la lumière.

On voit un gros cylindre métallique bleu et d'autres tuyaux et câbles alignés dans les installations du synchrotron.Le canon à électrons, au synchrotron de Saskatoon Photo : Centre canadien de rayonnement synchrotron

Ils poursuivent leur course dans un second accélérateur, de forme circulaire, où ils acquièrent encore plus d’énergie.

Les électrons sont ensuite transférés dans un anneau de stockage qui fait 171 mètres de circonférence.

Des aimants les font tourner, puis dévier de leur trajectoire. Ils émettent alors des rayons très intenses, dont des rayons X, concentrés dans un faisceau ultra-puissant, mince comme un cheveu.

Ces rayons sont dirigés vers des stations expérimentales.

La signature du mercure

Madalena Kozachuk a placé les daguerréotypes endommagés dans l’une des chambres expérimentales. Les rayons X ont bombardé les plaques.

Les rayons X transfèrent leur énergie aux atomes individuels qui se trouvent sur le daguerréotype.

Lorsqu’ils relâchent ensuite cette énergie, les atomes émettent une lumière phosphorescente. Chaque type d’atome a une signature phosphorescente unique.

De cette façon, Madalena Kozachuk arrive à repérer précisément où se trouvent les atomes de mercure sur la plaque. Autrement dit, elle arrive à voir où la lumière a agi.

« Sur le col de la chemise blanche, il y a une grande concentration de particules de mercure. Sur les portions plus sombres de l’image, comme les cheveux, les particules sont beaucoup moins concentrées », explique-t-elle en montrant l’image de l’homme dévoilée par le synchrotron.

Nettoyer les daguerréotypes

On voit la surface d'une plaque d'argent ternie.Voici ce à quoi ressemblent les daguerréotypes avec lesquels travaille Madalena Kozachuk. La couche de ternissure empêche de voir l’image. Photo : Radio-Canada

Les images révélées par Madalena Kozachuk ne peuvent pas être exposées dans un musée. Il faut un synchrotron pour voir à travers la couche de ternissure qui recouvre la plaque. Mais cela pourrait changer.

Car le synchrotron révèle d’autres informations précieuses. Il permet de déterminer très précisément quels éléments chimiques composent la couche de ternissure. Cette information aidera les restaurateurs à nettoyer les daguerréotypes.

On voit des tentes plantées dans un décor naturel d'arbres et de collines. Sur ces tentes est écrit « Our Store » et « Lodging ». Devant se tiennent des hommes et des chevaux qui tirent une charrette. Un campement dans la région de l’American River, en Californie, au tournant des années 1850. Photo : Institut canadien de la photographie/Musée des beaux-arts du Canada

C’est tout un pan de l’histoire humaine qui reprendra vie. « Les daguerréotypes sont une mine d’information sur l’Europe et l’Amérique du 19e siècle. Par exemple, nous avons des images des camps miniers dans la région de Sacramento, en 1849. C’est notre seule source d’information sur la ruée vers l’or en Californie », s’enthousiasme John McElhone.

Le reportage de Dominique Forget et Geneviève Turcotte est diffusé à l’émission Découverte, dimanche, à 18 h 30, à ICI Radio-Canada Télé.

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More groups join in support of women in STEM program at Carleton

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OTTAWA — Major companies and government partners are lending their support to Carleton University’s newly established Women in Engineering and Information Technology Program.

The list of supporters includes Mississauga-based construction company EllisDon.

The latest to announce their support for the program also include BlackBerry QNX, CIRA (Canadian Internet Registration Authority), Ericsson, Nokia, Solace, Trend Micro, the Canadian Nuclear Safety Commission, CGI, Gastops, Leonardo DRS, Lockheed Martin Canada, Amdocs and Ross.

The program is officially set to launch this September.

It is being led by Carleton’s Faculty of Engineering and Design with the goal of establishing meaningful partnerships in support of women in STEM.  

The program will host events for women students to build relationships with industry and government partners, create mentorship opportunities, as well as establish a special fund to support allies at Carleton in meeting equity, diversity and inclusion goals.

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VR tech to revolutionize commercial driver training

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Serious Labs seems to have found a way from tragedy to triumph? The Edmonton-based firm designs and manufactures virtual reality simulators to standardize training programs for operators of heavy equipment such as aerial lifts, cranes, forklifts, and commercial trucks. These simulators enable operators to acquire and practice operational skills for the job safety and efficiency in a risk-free virtual environment so they can work more safely and efficiently.

The 2018 Humboldt bus catastrophe sent shock waves across the industry. The tragedy highlighted the need for standardized commercial driver training and testing. It also contributed to the acceleration of the federal government implementing a Mandatory Entry-Level Training (MELT) program for Class 1 & 2 drivers currently being adopted across Canada. MELT is a much more rigorous standard that promotes safety and in-depth practice for new drivers.

Enter Serious Labs. By proposing to harness the power of virtual reality (VR), Serious Labs has earned considerable funding to develop a VR commercial truck driving simulator.

The Government of Alberta has awarded $1 million, and Emissions Reduction Alberta (ERA) is contributing an additional $2 million for the simulator development. Commercial deployment is estimated to begin in 2024, with the simulator to be made available across Canada and the United States, and with the Alberta Motor Transport Association (AMTA) helping to provide simulator tests to certify that driver trainees have attained the appropriate standard. West Tech Report recently took the opportunity to chat with Serious Labs CEO, Jim Colvin, about the environmental and labour benefits of VR Driver Training, as well as the unique way that Colvin went from angel investor to CEO of the company.

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Next-Gen Tech Company Pops on New Cover Detection Test

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While the world comes out of the initial stages of the pandemic, COVID-19 will be continue to be a threat for some time to come. Companies, such as Zen Graphene, are working on ways to detect the virus and its variants and are on the forefronts of technology.

Nanotechnology firm ZEN Graphene Solutions Ltd. (TSX-Venture:ZEN) (OTCPK:ZENYF), is working to develop technology to help detect the COVID-19 virus and its variants. The firm signed an exclusive agreement with McMaster University to be the global commercializing partner for a newly developed aptamer-based, SARS-CoV-2 rapid detection technology.

This patent-pending technology uses clinical samples from patients and was funded by the Canadian Institutes of Health Research. The test is considered extremely accurate, scalable, saliva-based, affordable, and provides results in under 10 minutes.

Shares were trading up over 5% to $3.07 in early afternoon trade.

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