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Winter Storm Warning for Ottawa

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Josh Pringle, CTV Morning Live


Published Sunday, February 10, 2019 12:52PM EST


Last Updated Tuesday, February 12, 2019 5:50AM EST

Canada’s top weather forecaster admits Old Man Winter is “wearing out” Ottawa residents.

Environment Canada’s David Phillips made the comment as another winter storm moves closer to the region.

A Winter Storm Warning has been issued for Ottawa and eastern Ontario. In a statement released early this morning, Environment Canada said “snow at times heavy will begin this afternoon and continue into Wednesday. Easterly winds up to 60 km/h may cause near zero visibility in blowing snow.”

Ottawa could receive 30 to 40 cm of snow today and Wednesday. The forecast also calls for Petawawa, Pembroke, Renfrew, Arnprior, Calabogie, Prescott, Russell Cornwall and Morrisburg areas to also see 30-40 cm of snow, while the Brockville – Prescott area can expect 25 to 35 cm of snow. 

The City of Ottawa says road crews are preparing to plow and salt roads and sidewalks in anticipation of the storm. Residents are asked to exercise caution if driving, cycling or walking, and to allow extra time for their commutes. If you can avoid going out Tuesday night, do so. Working from home on Wednesday is a good idea.

Speaking on CTV News at Five, Phillips said the 216 cm of snow Ottawa has received since November 1st would equal a normal winter of snow.

“You haven’t missed many of the storms,” Phillips said, adding 43 per cent of the normal winter snowfall happens after February 12. Phillips says there’s been very few days with no snow in 2019, “it’s almost like wearing you out, everyday there’s a trace” of snow.

Ottawa received a monthly record of 101.8 cm of snow in January. Three daily snowfall records were set in January, including 25 cm on January 23.

Phillips has bad news for people tired of the winter weather, saying “you’re not done with it yet.” 



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Des problèmes d’ouïe préoccupants chez des interprètes du fédéral

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Le premier de deux reportages

Les symptômes rapportés s’apparentent à ceux d’une commotion cérébrale, comme des nausées, des vomissements, une perte d’équilibre, des évanouissements, une désorientation et même une perte d’audition, explique Nicolas Bois, président de la section locale du Bureau de la traduction pour l’Association canadienne des employés professionnels (ACEP).

Dans les trois dernières années, les 72 interprètes permanents du Bureau ont rapporté 28 incidents de ce genre. Dans six cas, une intervention médicale immédiate a été nécessaire.

Un homme en entrevue dans un bureau. Nicolas Bois est président de la section locale du Bureau de la traduction pour l’Association canadienne des employés professionnels. Photo : Radio-Canada

Au moins un fonctionnaire fédéral a subi un choc acoustique ayant mené à une perte d’audition qui pourrait être permanente, précise M. Bois.

Quelques secondes qui changent une vie

Interprète depuis 19 ans, Craig Pollock travaille autant dans le secteur privé que pour le Bureau de la traduction.

Lors de contrats dans le privé, M. Pollock a subi trois chocs acoustiques, mais les risques sont présents dans tous les milieux de travail, selon lui. Il compare à un impact physique le bruit soudain, très élevé, qui l’a ébranlé à l’hiver 2017.

C’est comme si quelqu’un prenait deux marteaux et frappait les deux oreilles en même temps.

Craig Pollock, interprète pigiste

Craig Pollock raconte avoir subi une commotion cérébrale après ce choc. J’avais tous les symptômes, la nausée, le mal de tête instantané, etc.

Depuis, il explique percevoir difficilement certains sons. Un audiologiste lui aurait indiqué que ces dommages seront sans doute permanents.

Un homme en entrevue à la caméra.Craig Pollock est interprète depuis 19 ans. Photo : Radio-Canada

Un an plus tard, Craig Pollock a subi deux autres chocs acoustiques en moins de 24 heures. Je me sentais étourdi, avec la tête épaisse comme dans un brouillard, se souvient-il.

Craig Pollock ajoute devoir maintenant endurer des acouphènes constants dans l’oreille gauche. C’est un sifflement, constant, c’est pas facile, ça rend l’ouïe plus difficile, déplore-t-il.

Les chocs acoustiques, un phénomène en croissance

Au quotidien, les interprètes du gouvernement fédéral traduisent en direct notamment des conférences, des comités parlementaires et les débats à la Chambre des communes.

Autant dans le secteur privé qu’au gouvernement fédéral, les interprètes courent plus de risques de subir des chocs acoustiques avec le développement des communications à distance. De plus en plus de participants aux conférences s’y connectent, par exemple, avec des téléphones cellulaires et des fonctions Bluetooth.

Vue d'ensemble de la Chambre des communes. Plusieurs députés qui siègent à la Chambre des communes ont recours aux interprètes pour traduire les propos de leurs collègues. Photo : Radio-Canada

Différentes sources sonores pénètrent donc à des niveaux variés dans les appareils utilisés pour l’interprétation simultanée.

Quand les interprètes entendent mal, ils haussent le volume [de leurs écouteurs] et s’il y a un effet Larsen ou un autre bruit strident, les conséquences peuvent vraiment être néfastes, illustre Linda Ballantyne, qui est interprète depuis 30 ans et présidente locale du Canada pour l’Association internationale des interprètes de conférence (AIIC).

Les risques sont encore plus graves et plus fréquents.

Linda Ballantyne, présidente locale du Canada pour l’AIIC

De plus, aucun de ces appareils utilisés au Parlement et au sein de la fonction publique fédérale ne respecte les nouvelles normes internationales d’interprétation. Le spectre de fréquences qu’ils émettent se situe bien en dessous du niveau nécessaire pour l’obtention d’un son clair.

Toujours pas de solution à long terme

La situation est devenue problématique à un point tel que le Bureau de la traduction prévoit dépenser 450 000 $ sur deux ans et demi pour trouver une solution. Cette somme ne comprend pas l’argent qui devra être investi pour sa mise en oeuvre.

Le gouvernement a lancé une demande de proposition pour que le secteur privé puisse concevoir une plateforme numérique d’interprétation à distance permettant de mieux contrôler le son et protéger l’ouïe des interprètes.

Gros plan d'une oreille. Le Bureau de la traduction prévoit dépenser 450 000 $ sur deux ans et demi pour trouver une solution aux problèmes auditifs des interprètes. Photo : Radio-Canada

Le Bureau de la traduction souhaite aussi établir un protocole obligeant tous ses clients à avoir des limiteurs de sons sur leurs consoles, sans quoi les interprètes n’offriraient pas leurs services. Le dossier a été déposé à la sous-ministre en janvier.

La solution existe-t-elle déjà?

En apparence complexe, les dispositifs permettant de contrôler le son sont pourtant utilisés depuis longtemps dans les appareils auditifs, soutient l’audioprothésiste François Sasseville.

La prothèse auditive joue exactement le même rôle, selon lui, c’est-à-dire qu’elle module des sons variés à des intervalles rapprochés, comme ceux d’un pleur de bébé à 100 décibels, suivi d’un chuchotement à 50 décibels.

Tout ça, ça peut se faire dans une prothèse auditive, donc je ne vois pas pourquoi ça ne peut pas se faire dans le cas des interprètes.

François Sasseville, audioprothésiste
Gros plan sur des mains qui tiennent une prothèse auditive. Une prothèse auditive. Photo : Radio-Canada

Une solution temporaire avec des risques pour la santé

En attendant, le gouvernement a fourni aux interprètes un dispositif permettant de limiter le son émis par les écouteurs.

Le président-directeur général du Bureau de la traduction reconnaît que cette solution temporaire n’est pas idéale. C’est pas le meilleur outil, mais en anglais on dirait que c’est un outil de “last resort”, mais au moins les interprètes ont un outil qui va les protéger pendant que ces changements-là arrivent et que l’équipement est de plus haute qualité, indique Stéphan Déry.

Un dispositif pour limiter le son placé sur un comptoir. Un limiteur de son comme ceux fournis aux interprètes. Photo : Radio-Canada

Ce mécanisme n’élimine toutefois pas tous les risques de choc acoustique, prévient Nicolas Bois.

Les employés seront satisfaits lorsque le risque sera réduit à zéro.

Nicolas Bois, président de la section locale du Bureau de la traduction pour l’ACEP

Après avoir accepté une première fois d’accorder une entrevue à la caméra à Radio-Canada, le président de la section locale du Bureau de la traduction pour l’ACEP s’est désisté à la dernière minute, invoquant la nature délicate du dossier. Après consultation d’un avocat et d’un agent des relations de travail, Nicolas Bois a indiqué ne pas vouloir « provoquer la partie patronale ».

M. Bois a finalement accepté à nouveau de nous accorder une entrevue. Il a alors assuré que les relations entre le syndicat et l’employeur ne sont pas tendues.



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Ces transhumanistes qui promettent l’immortalité

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Un badge défie la gravité au bout de l’annulaire de Dorian Kodelja. Comme dans tous les tours de magie, il y a une explication logique. Celle-ci est tout de même un peu inattendue. Le badge, loin d’échapper aux lois de la physique, est plutôt maintenu entre ciel et terre grâce à un petit aimant que Dorian s’est fait implanter au bout du doigt.

Le jeune homme, doctorant en intelligence artificielle, est un transhumaniste. Il croit que le corps de l’humain peut passer outre à certaines limites, et il est prêt à expérimenter de nouvelles sensations et fonctions avec son propre corps.

Un badge se colle comme par magie sur la main de l'homme.Un aimant est implanté dans le doigt du transhumaniste Dorian Kodelja. Photo : Radio-Canada / Janic Tremblay

Cet aimant lui permet maintenant de ressentir les champs électromagnétiques comme ceux émis par les fours à micro-ondes.

« Cela me permet de comprendre ce que ça fait que d’avoir un nouveau sens. Quand mon doigt vibre, je le ressens un peu comme une odeur de brûlé. Mon cerveau s’est adapté à cette nouvelle sensation », explique Dorian Kodelja.

Je ne vois pas mon corps comme un sanctuaire. Je suis prêt à y intégrer plein de choses, du moment qu’elles sont sécuritaires.

Dorian Kodelja
Dorian Kodelja.Le transhumaniste Dorian Kodelja Photo : Radio-Canada / Janic Tremblay

Dorian dit qu’il ne voit donc aucun problème à utiliser son corps de toutes les façons afin de tirer profit de la richesse du monde. C’est une partie seulement de l’idéologie transhumaniste, qui va beaucoup plus loin.

Téléverser son cerveau pour ne pas mourir

Le pape du mouvement, l’ingénieur et futurologue Raymond Kurzweil, ambitionne carrément d’en finir avec la mort. Il croit que dans quelques décennies, la puissance informatique et les développements de la science permettront de ne plus mourir… ou à tout le moins de téléverser son cerveau dans le nuage informatique afin de continuer à exister sous la forme d’un pur esprit jusqu’à la fin des temps.

Le spécialiste en intelligence artificielle a cofondé l’université de la singularité et est maintenant l’un des directeurs de Google. L’arrivée de ce théoricien du transhumanisme au sein du géant du web a renouvelé l’intérêt pour le mouvement. L’un des porte-parole de l’Association française transhumaniste, Florent Boissonnet, ne cache pas son enthousiasme.

On commence à penser que ça peut être possible. On va peut-être avoir une annonce de Google concernant un traitement pour augmenter la longévité. Peut-être demain? Dans 5 ans? Peut-être jamais aussi. On ne sait pas.

Florent Boissonnet, de l’Association française transhumaniste
Florent Boissonnet,.
      Florent Boissonnet, porte-parole de l’Association française transhumaniste Photo : Radio-Canada / Janic Tremblay

Il cite la compagnie Calico qui veut allonger la vie humaine. Ou encore Neuralink, compagnie du milliardaire Elon Musk, dont les travaux portent sur les interfaces cerveaux-machines. Et des tas d’applications qui sont aujourd’hui réservées à des personnes handicapées ou atteintes de certains problèmes médicaux, mais qui pourraient bien devenir accessibles au commun des mortels d’ici quelques années.

Le rêve d’augmenter l’humain

Un point en commun entre ces projets : il s’agit toujours d’augmenter l’humain. Des chantres du projet transhumaniste comme l’Américain Tim Cannon refusent les limites biologiques de notre espèce. Pendant quelques mois, il s’est même fait insérer, directement sous la peau, un dispositif de la taille d’un iPhone afin de transmettre ses données biométriques directement à son téléphone.

Le scientifique anglais Kevin Warwick va même plus loin en affirmant que, dans l’avenir, ceux qui refuseront de s’augmenter seront handicapés par rapport au reste de la population qui choisira la voie transhumaniste.

En France, l’un des plus influents porte-parole du transhumanisme est probablement le médecin et entrepreneur du web Laurent Alexandre.

Auteur d’un livre intitulé La mort de la mort, il est persuadé que les enfants qui naissent aujourd’hui vivront beaucoup plus longtemps. Il croit qu’ils profiteront d’avancées techniques et biomédicales que l’on n’imagine pas encore, mais qui commenceront à faire leur apparition dans une trentaine d’années, soit quand l’intelligence artificielle dépassera celle des humains, prévoit-il.

Cela pourrait signifier des puces dans le cerveau ou d’autres types d’augmentation. Qu’en sera-t-il alors de l’inviolabilité du corps ou de la dignité humaine? Il croit que ces principes vont fluctuer pour s’adapter à un nouveau contexte.

La plupart des gens accepteront les propositions des transhumanistes. Pour moins souffrir et moins mourir. Nous ne nous verrons pas de la même façon dans le futur. Les modifications dont nous parlons aujourd’hui paraîtront naturelles à nos descendants.

Laurent Alexandre, médecin et entrepreneur du web
Laurent Alexandre est en train de parler au micro devant un lutrin.         Laurent Alexandre, lors d’un dîner-conférence devant les membres du Cercle de l’union interalliée à Paris en novembre 2018 Photo : Radio-Canada / Janic Tremblay

Le transhumanisme, une utopie?

Le projet transhumaniste est loin de faire l’unanimité et reçoit de virulentes critiques dans le monde de la science et de l’éthique. Jacques Testart est justement au confluent de ces deux mondes.

Le biologiste, connu comme le père du premier bébé-éprouvette français, est un scientifique, mais aussi un bioéthicien de renom. Il a publié il y a quelques mois un livre intitulé Au péril de l’humain – Les promesses suicidaires des transhumanistes. Pour lui, rien dans l’état actuel de la science ne valide les idées et les projections des transhumanistes.

Ils vous disent qu’on va mettre le contenu de nos cerveaux sur un disque dur. Cela ébahit les gens. Mais la vérité c’est qu’on n’a strictement aucune idée comment faire ça! Il n’y a aucune base scientifique!

Le biologiste Jacques Testart
Jacques Testart.                  Jacques Testart, rencontré chez lui en banlieue de Paris. Photo : Radio-Canada / Janic Tremblay

Il rappelle que l’on ne sait presque rien du génome et du fonctionnement du cerveau. Partisan d’une science lente et précautionneuse, il est persuadé qu’il faudra encore de très nombreuses années avant de voir certains volets du projet des transhumanistes devenir possibles. Mais, de toute façon, il rejette en bloc à peu près tout ce qu’ils proposent.

Pour moi le transhumanisme, c’est le nouveau nom de l’eugénisme. Fabriquer des individus identiques et hyperperformants, moi, j’appelle cela du clonage social.

Le biologiste Jacques Testart

Ses reproches ne s’arrêtent pas là. Pour Jacques Testart, le transhumanisme n’est pas un projet de société, mais plutôt un amalgame d’aspirations individuelles et égoïstes. Il cherche sans les trouver les valeurs collectives et citoyennes dans ce mouvement.

Ce sont des libertariens qui créent de nouveaux mythes en promettant l’immortalité. Il y a même une forme de violence contre ceux qui ne se soumettraient pas à ce nouvel idéal.

Le biologiste Jacques Testart

« Cela ne fonctionnera pas, mais ça fait quand même du mal à notre espèce, car cela isole les gens. Où est l’empathie? Où est la solidarité dans tout ça? Il ne faudrait pas oublier que si Homo sapiens a réussi à s’imposer, c’est surtout grâce à la coopération qui caractérise notre espèce », observe Jacques Testart.




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Huawei survivrait-elle à des sanctions américaines?

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Soupçonnée notamment d’espionnage industriel et de fraude bancaire, la firme chinoise serait assez puissante pour encaisser les millions de dollars américains d’amendes que pourrait lui imposer le département américain de la Justice.

« C’est une très grande compagnie si l’on regarde son chiffre d’affaires. Elle offre également un bon rapport qualité-prix », estime Zhan Su, professeur au Département de management à l’Université Laval et titulaire de la chaire Stephen-A.-Jarislowsky en gestion des affaires internationales.

Huawei est, depuis l’été 2017, le deuxième producteur de téléphones intelligents en importance dans le monde, derrière le coréen Samsung et devant l’américain Apple.

L’entreprise chinoise est également en tête pour ce qui est des équipements de réseaux de télécommunication (tours cellulaires, modems, etc.) devant Nokia et Ericsson.

Un panneau publicitaire de Huawei est visible devant un magasin Apple dans une rue de Shanghai.Huawei est l’un des trois principaux fournisseurs de téléphones intelligents au monde, devant Apple. Photo : Getty Images / STR

Ce qui pourrait faire mal à Huawei, ce sont de potentielles sanctions contre les banques américaines qui font affaire avec l’entreprise, un scénario que M. Su juge peu probable.

« Les Américains contrôlent le système financier global. Si les Américains imposent une sorte de sanction contre toutes les banques qui font affaire avec Huawei, ça pourrait être très très dur. Fatal? Je ne crois pas. »

Le cas de ZTE

La situation entre Huawei et les États-Unis n’est pas sans rappeler une crise similaire qui avait opposé le gouvernement américain à une autre firme chinoise en mars 2017.

À l’époque, l’entreprise ZTE avait plaidé coupable à des accusations de non-respect des sanctions économiques américaines contre l’Iran. La firme s’était engagée à payer une somme de plus d’un milliard de dollars américains.

Or, ZTE n’a pas respecté son engagement et le gouvernement Trump avait empêché certaines entreprises américaines de fournir du matériel à ZTE, ce qui l’a poussée vers la faillite.

Un homme passe devant un écran présentant la valeur de différentes actions boursières, dont celle de ZTE.La valeur des actions de ZTE avait chuté de 39 % en juin 2018 après une entente entre la compagnie chinoise et le gouvernement américain. Photo : Getty Images / Philip Fong

Cette interdiction a depuis été levée par les États-Unis, mais l’histoire ressemble beaucoup à celle de Huawei, selon M. Su. Il rappelle que les deux entreprises sont perçues comme des menaces par les Américains; elles évoluent dans le domaine de la télécommunication et auraient outrepassé les sanctions contre l’Iran.

« Huawei est beaucoup moins dépendante [que ZTE] des pièces fournies par des compagnies américaines, explique le professeur. Elle importe beaucoup, mais elle détient beaucoup de monnaies d’échange. »

Dépendance asymétrique

M. Su précise que Huawei détient près de 46 % des brevets en lien avec la technologie 5G, la prochaine révolution technologique dans le domaine des télécommunications.

Le professeur poursuit en précisant que Huawei a « peu besoin » du marché américain pour se développer.

Ce sont plutôt les pays occidentaux qui se retrouveront avec un casse-tête s’ils prennent la décision, à l’instar des Américains, d’empêcher la firme chinoise de faire des affaires sur leur territoire.

« La technologie de 5G fournie par Huawei est beaucoup plus intéressante que les autres compagnies et c’est peut-être la seule grande entreprise qui peut la commercialiser maintenant », estime M. Su, qui ajoute que les pays refusant de faire affaire avec la compagnie chinoise pourraient accuser d’importants retards dans la mise en place de cette nouvelle technologie.

Un homme tend la main vers une présentation vidéo d'une tour de télécommunication devant plusieurs journalistes.Huawei a présenté en janvier 2019 ses équipements pour le réseau 5G à Pékin en Chine. Photo : Getty Images / Fred Dufour

Au Canada, les entreprises Bell et Telus ont émis des réserves quant à une interdiction pour Huawei de s’implanter au pays.

« Les équipements Huawei sont déjà bien présents dans les réseaux de télécommunications actuels au Canada [le 3G et le 4G]. De passer au 5G, ce n’est pas d’éliminer toutes les anciennes infrastructures, c’est plutôt d’utiliser ce qui existe déjà », explique M. Su.

C’est sans compter que l’entreprise peut toujours se tourner vers les marchés asiatiques, africains et sud-américains où elle est déjà bien implantée.

En 2017, 15 % des ventes d’appareils mobiles de Huawei avaient été réalisées en Amérique latine, au Moyen-Orient et en Afrique.

Dans tous les cas, Zhan Su rappelle que les pays occidentaux doivent faire preuve de prudence lorsqu’ils font affaire avec Huawei, sans toutefois tomber dans un état de crainte injustifiée.

« Il y a un calcul économique et il y a la question de la sécurité nationale, rappelle-t-il. La question de sécurité nationale ne se pose pas nécessairement en termes de faits, de menaces tangibles qui justifient nos actions. C’est plutôt une sorte de doute. »

Le professeur rappelle que les États-Unis et d’autres pays enquêtent sur Huawei depuis une dizaine d’années sans qu’aucune menace réelle n’ait été dévoilée.

« Notre système juridique se base sur la présomption d’innocence, estime-t-il. Est-ce qu’on va prendre une décision en fonction uniquement de doutes? »



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