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20 ans après L’erreur boréale, exploite-t-on la forêt différemment?

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Deux décennies après son documentaire-choc L’erreur boréale, Richard Desjardins s’indigne tout
autant et
réclame, ni plus ni moins, un moratoire sur l’exploitation de la forêt, le temps de mener une nouvelle
enquête publique. Parmi ses détracteurs, l’industrie et le ministère des Forêts, qui rétorquent que
d’importants changements ont été apportés pour éviter que la forêt ne soit surexploitée. État des lieux.

Par Maude Montembeault

13 février 2019

« Aujourd’hui, la forêt québécoise est-elle en santé selon vous, M. Desjardins? » Sans détour, nous reposons
la question au coeur de L’erreur boréale. Réalisé avec Robert Monderie, le film a mis en lumière la
destruction du patrimoine forestier du Québec.

Non, nous répond Richard Desjardins.

Richard Desjardins devant le lac Vaudray.
Richard Desjardins devant le lac Vaudray, en Abitibi, où se trouve son
chalet. Photo : Radio-Canada/Martin
Chabot

Pourtant, la commission Coulombe sur la gestion de la forêt publique a donné en partie raison aux
réalisateurs du documentaire et formulé des dizaines de recommandations, en 2004, dont la création d’un
forestier en chef. Mais l’impact n’a été que temporaire, croit M. Desjardins.

« Après L’erreur boréale, ça s’est calmé. Ils [les fonctionnaires du ministère] ont obéi un peu. Ils
ont
tempéré, mais je sens, je ne suis pas tout seul non plus, que tranquillement ils reviennent aux pulsions de
leurs origines, c’est-à-dire de tout faire pour approvisionner les compagnies. »

Le forestier en chef

Le gouvernement du Québec a créé le poste de forestier en chef en 2005 à la recommandation de la
commission Coulombe. Sa mission est d’établir les possibilités forestières dans le but d’informer le
ministère, l’industrie et la population de l’état de la forêt québécoise. Les possibilités forestières
représentent les volumes de bois pouvant être récoltés sans entraîner une déforestation de la forêt
québécoise.

Ce qui inquiète notamment l’auteur-compositeur-interprète, c’est la nouvelle stratégie nationale de
production de bois, adoptée en juin 2018, qui prévoit qu’à moyen terme 25 % du territoire exploitable de la
province fera l’objet d’une foresterie intensive. En d’autres mots, les interventions humaines seront
intensifiées de manière à influer sur certains éléments comme la taille et l’essence des arbres.

Il est également préoccupé par les projections du forestier en chef. Celui-ci recommande de hausser les
possibilités forestières de 25 % d’ici 2038 et de 50 % d’ici 2063 pour s’établir à 50 millions de mètres
cubes par année.

L’industrie récolte les deux tiers de la possibilité forestière fixée à 32 millions de mètres cubes.

Un moratoire demandé

S’il n’en tenait qu’à lui, Richard Desjardins suspendrait toutes les activités forestières le temps de
mener une nouvelle enquête publique.

« Des fois, je me demande : pourquoi on n’arrêterait pas tout ça? Faisons un bilan indépendant […] parce qu’on est après saccager ce qu’il reste. »

– Richard Desjardins

Afin de démontrer que « ça n’a pas changé » et que « comment ils coupent, c’est encore des coupes à blanc », Richard Desjardins nous emmène sur deux territoires abitibiens exploités.

Selon ses estimations, le bois sur ce premier site aurait été récolté il y a cinq ou six ans. Le sol est
jonché de résidus forestiers, de branches et de troncs inintéressants.

Flaque d’eau au milieu d’une coupe forestière
Cette coupe forestière daterait de plusieurs années, croit Richard Desjardins. Photo : Radio-Canada/Martin
Chabot

« Saccage », résume-t-il. « Ça, c’est une foresterie qui est certifiée. C’est supposé être fait selon les
règles de l’art », déplore-t-il.

Les coupes forestières peuvent recevoir une certification, comme celle du Forest Stewardship Council, qui
garantit un aménagement responsable pour assurer une gestion durable des forêts. Dans ce cas-ci, Richard
Desjardins considère qu’une coupe certifiée ne devrait pas avoir une telle allure.

Nous nous rendons ensuite au deuxième endroit. Là, les coupes sont fraîchement faites. Les billes de bois
sont empilées sur les côtés des chemins forestiers. La machinerie est toujours sur place. Les traces de ses
déplacements aussi. Des ornières se sont creusées dans le sol à plusieurs endroits. Une scène de «
désolation », selon Richard Desjardins.

Corde de bois à gauche. Machinerie dont les chenilles s’enfoncent dans la boue laissant des traces derrière elle.
La machinerie qui sert à déplacer le bois abîme des sols Photo : Radio-Canada/Martin
Chabot

Pas de surexploitation forestière, selon Québec

Impossible de prétendre que rien n’a changé en foresterie depuis L’erreur boréale. Le rôle du
ministère des
Forêts a été accru. Il gère dorénavant tous les travaux d’aménagement. Le régime forestier a fait l’objet
de plusieurs refontes et une nouvelle loi a été adoptée. En plus d’avoir nommé un forestier en chef, Québec
a instauré un bureau de mise en marché du bois et a confié les travaux sylvicoles à Rexforêt, un bras
d’Investissement Québec.

Pour défendre le point de vue du ministère, c’est l’ingénieur forestier Jean-Pierre Saucier qui a été
mandaté. Ce dernier n’est pas uniquement un employé de longue date du gouvernement, il est aussi un
scientifique hyper-spécialisé dont la feuille de route a de quoi impressionner.

Jean-Pierre Saucier marche dans une forêt de conifères.
Jean-Pierre Saucier, ingénieur au ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, circule dans une forêt de type boréal en Haute-Mauricie
Photo : Radio-Canada/Maude Montembeault

Nous avons rendez-vous avec lui au nord de La Tuque, en Haute-Mauricie, région au riche héritage forestier.
L’industrie y est encore bien vivante. Nous le constatons par le nombre de camions chargés de bois croisés
en se rendant à un ancien chantier de récolte datant de 28 ans. Des pins gris avaient été plantés à
l’époque; ils sont faciles à détecter, les arbres étant tous bien alignés.

Un employé du ministère, de dos, regarde dans un bout de verre le tronc d’un arbre.
Un employé du ministère examine la qualité de la forêt en Haute-Mauricie
Photo : Radio-Canada/Maude Montembeault

Bon vulgarisateur, Jean-Pierre Saucier nous montre que les feuillages fournis, de bonnes cimes, les
diamètres des arbres ainsi que les sous-bois bien drainés sont des indices d’une « forêt en croissance sur
un site de qualité moyenne, mais d’un peuplement bon et en croissance ».

Photo aérienne d’une ancienne coupe forestière en train de repousser. Au bas de l’écran se trouve une étendue d’eau.
À droite se trouve une forêt en Haute-Mauricie en train de repousser.
Photo : Radio-Canada/Maude Montembeault

« On ne peut pas dire qu’il y a de la surexploitation forestière. »

– Jean-Pierre Saucier, ministère des Forêts

Encore des coupes totales

 Photo aérienne d’une coupe forestière et d’un chemin forestier.
Photo aérienne d’une coupe forestière et d’un chemin forestier Photo : Radio-Canada/Maude Montembeault

De l’aveu même de Jean-Pierre Saucier, des coupes totales, aussi appelées coupes à blanc, sont encore
pratiquées, mais d’une manière différente d’il y a 20 ans. « On pratique des coupes avec protection de la
régénération et des sols et même ce type de coupe là a évolué au fil des ans », précise l’ingénieur. Cette
méthode consiste à couper des arbres matures, tout en s’assurant de protéger les plus petits arbres et le
sol.

Photo aérienne d’une coupe forestière et d’un chemin forestier.
Photo aérienne d’une coupe forestière et d’un chemin forestier en Haute-Mauricie
Photo : Radio-Canada/Maude Montembeault

Au fil des ans, de nouvelles technologies ont été développées pour assurer l’exactitude des inventaires
forestiers. La photo-interprétation se fait maintenant en trois dimensions afin de mieux visualiser les
essences d’arbres et les caractéristiques de la forêt. L’imagerie LiDAR, quant à elle, évalue la hauteur
des arbres et le relief du sol. Des images satellitaires servent également aux fonctionnaires qui peuvent
identifier les effets des perturbations naturelles.

De plus, le ministère, à qui revient la responsabilité de tous les travaux d’aménagement, tient davantage
compte de la protection des cours d’eau. Il a mieux réparti les coupes et augmenté la superficie des aires
protégées, ajoute M. Saucier.

Composer avec les changements climatiques

Dernier arrêt dans une forêt mixte où trônent plusieurs bouleaux jaunes, emblème du Québec et essence
chouchou de l’ingénieur forestier. Malgré la réserve qu’impose l’entrevue, nous sentons que Jean-Pierre
Saucier est un réel passionné de la forêt, qu’il ne visite pas assez souvent à son goût dans le cadre de
son travail.

Il aborde la question des changements climatiques qui influencent la nouvelle façon de gérer la forêt.

Site d’un ancien feu de forêt en Haute-Mauricie.
Site d’un ancien feu de forêt en Haute-Mauricie, près de la communauté Attikamek de Wemotaci Photo : Radio-Canada/Maude Montembeault

« L’aménagement écosystémique, c’est un type d’aménagement où on tend à imiter ce que fait la nature. » Les
perturbations naturelles n’ont pas épargné la forêt boréale ces dernières années. Depuis 2009, le nombre
d’hectares ravagés a augmenté de façon exponentielle.

De nouvelles dispositions législatives permettent maintenant au ministère de forcer les compagnies à
récolter le bois dans un secteur brûlé ou ravagé, par une épidémie par exemple, plutôt que dans un secteur
en santé qui lui avait été initialement attribué.

Repenser l’exploitation de la forêt

Une excavatrice travaille dans le lit du ruisseau Carrier, maintenant à sec. À ses côtés, un batardeau est
installé afin de le détourner.

Le patron de l’entreprise Remabec et son directeur des opérations tenaient à nous montrer ce chantier.
Pourquoi? Parce qu’il illustre, nous explique-t-il, les nouvelles obligations environnementales de
l’industrie.

Abatteuse multifonctionnelle au milieu d’une coupe forestière à la tombée du jour.
Abatteuse multifonctionnelle au milieu d’une coupe forestière à la tombée du jour près de la route 25 en Haute-Mauricie Photo : Radio-Canada/Martin
Chabot

Remabec, qui détient 70 % des garanties d’approvisionnement en Haute-Mauricie, doit construire un ponceau
pour récolter son bois. La conception du ponceau, plus ondulé, ralentit le débit d’eau et facilite la circulation des poissons.

De plus, la largeur des ponceaux sera plus grande pour prévenir l’impact des coups d’eau qui seront plus fréquents en raison des changements climatiques.

Le chantier sera trois fois plus long à réaliser en raison de ces nouvelles obligations. Pour dédommager
l’industrie, le ministère revoit à la baisse ses redevances.

Abatteuse multifonctionnelle en train de scier un arbre.
Près de la route 25, en Haute-Mauricie, une abatteuse multifonctionnelle scie des arbres. Photo : Radio-Canada/Maude Montembeault

Sur les lieux de la coupe forestière, une abatteuse multifonctionnelle fonctionne à plein régime, jour et
nuit. « Il y a environ 36 heures, la forêt ici n’était pas récoltée. Un procédé de récolte comme celui-là
va récolter environ 20 [mètres] cubes à l’heure, 3 hectares par 24 heures », explique le directeur des
opérations forestières, Alex Marchand. Il y a 20 ans, la machinerie utilisée récoltait 50 mètres cubes à l’heure, selon lui. Elle détruisait pratiquement tout sur son passage.

« Ce qu’on vise, c’est d’avoir des équipements avec des mâts avec une longue portée et de permettre un
espacement des sentiers plus grand pour éviter une compaction des sols, mieux protéger la régénération
préétablie. À l’intérieur des équipements, on a maintenant des GPS, des ordinateurs de bord », ajoute Éric
Couture, directeur général des opérations forestières chez Remabec.

 Intérieur de la cabine d’une abatteuse multifonctionnelle dans laquelle l’opérateur pointe le système GPS.
Un travailleur consulte le système GPS d’une abatteuse multifonctionnelle. Photo : Radio-Canada/Maude Montembeault

L’industrie indique aussi que la forêt n’est pas surexploitée. Les coupes sont moins nombreuses et de moins
grande superficie. « Les superficies des blocs sont quand même de façon significative beaucoup plus petites
qu’il y a 20 ans. »

L’industrie forestière représente près de 60 000 travailleurs. Le secteur forestier québécois a généré
plus de 6 milliards de dollars en retombées économiques en 2016, soit 2 % du produit intérieur brut du
Québec.

Reboiser les forêts

Jamalsky Saint-Fleur prend la pose avec son équipement de planteur d’arbres. Il porte un casque et une ceinture à laquelle des petits plants sont accrochés. Il tient une pelle dans sa main gauche.
Depuis 3 ans, Jamalsky Saint-Fleur plante des arbres en Abitibi. Photo : Radio-Canada/Martin
Chabot

Jamalsky Saint-Fleur a quitté Rimouski pour Sherbrooke, où il étudie pour devenir comptable. Pour meubler
son appartement, il cherchait un emploi payé à la production plutôt qu’à l’heure. C’est ce qui l’a amené à
Rouyn-Noranda. Il plante des arbres pour l’entreprise Outland. Un environnement de travail à mille lieues
d’un bureau de comptables.

Petits plants de conifères empilés sur des étagères avant d’être plantés.
Petits plants de conifères empilés sur des étagères avant d’être plantés.
Photo : Radio-Canada/Martin
Chabot

Chaque jour d’été depuis trois ans, Jamalsky Saint-Fleur plante 3000 arbres, un par un. Un travail
extrêmement exigeant.

Il n’a jamais entendu parler de L’erreur boréale. Nous lui demandons s’il est parfois surpris
lorsqu’il
découvre de nouveaux secteurs de coupe à reboiser. Il répond avec franchise.

« C’est sûr que des fois tu regardes la nature et tu te dis : “hiiiipelaille, ça a été ravagé par
ici.” J’ai beau me dire qu’on reboise tout ça et que ça va repousser, ça reste de l’agriculture qu’on fait.
Donc, toute la faune, tout ça une fois que c’est rasé à blanc, c’est détruit. »

Denis Beaulieu porte un casque et une chemise à carreaux. Un planteur d’arbres s’active en arrière-plan.
Denis Beaulieu, superviseur régional chez Outland, entreprise chargée de travaux sylvicoles. Photo : Radio-Canada/Martin
Chabot

Son superviseur, Denis Beaulieu, est plus nuancé. Il a posé les pieds en forêt pour la première fois en
1998, en Abitibi, un an avant la diffusion de L’erreur boréale dans lequel il était d’ailleurs
figurant.
Une partie du tournage avait lieu sur un site de reboisement où il travaillait.

À l’époque, il avoue avoir été scandalisé par la taille des coupes et des traitements sylvicoles choisis,
mais la situation s’est nettement améliorée, selon lui. « Ils vont chercher la bonne essence pour le bon
endroit et aussi ils mixent les essences. »

Les entrepreneurs comme lui ont la responsabilité de vérifier la conformité et la qualité des travaux
exécutés. Des agents du ministère effectuent aussi une surveillance à court terme.

Les documents du ministère indiquent qu’un suivi rigoureux pour vérifier l’efficacité des plantations est
effectué dans les quatre premières années. Toutefois, à plus long terme, seulement 33 % des plantations de
10 à 15 ans ont fait l’objet d’un suivi, selon ces mêmes documents.

Des lacunes dans les travaux sylvicoles, selon un rapport

Planteur d’arbres qui s’abreuve lors d’une pause.
Un employé qui plante des arbres s’accorde un moment de répit. Photo : Radio-Canada/Martin
Chabot

La vérificatrice générale du Québec (VGQ) soulignait dans son rapport 2017-2018 que « le processus menant
au choix des travaux sylvicoles ne permet pas de prendre les meilleures décisions afin de maximiser les
retombées de ces travaux ». Guylaine Leclerc précisait que plusieurs plantations ne sont pas entretenues de
façon adéquate et que le peu de suivi pourrait expliquer le succès mitigé des plantations.

De plus, l’audit démontre que 80 % des contrats sylvicoles sont attribués de gré à gré, limitant le libre
jeu de la concurrence. Ces contrats représentent 120 millions de dollars par année.

Interpellé sur les observations de la VGQ, Rexforêt répond que « dans un objectif de s’assurer d’une
concurrence pour l’obtention des contrats, il est prévu que la proportion des budgets octroyés par appels
d’offres publics passe de 20 % à 25 %. »

Rexforêt ajoute que les coûts des contrats octroyés par appels d’offres ont été autant en dessous
qu’au-dessus des prix fixés dans la grille provinciale pour les contrats de gré à gré.

Planteur d’arbres qui s’avance, avec des petits plants de conifères entre les mains.
Un planteur d’arbre sur un site de reboisement en périphérie de Rouyn-Noranda. Photo : Radio-Canada/Martin
Chabot

Depuis 2014, le budget alloué à la réalisation des travaux sylvicoles est de 225 millions de dollars par an. En comparaison, pour l’année 2016-2017, les revenus de Québec provenant de la vente de volumes de bois étaient de 292,3 millions de dollars.

Source : rapport annuel de gestion 2016-2017 du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs

La situation se détériore, selon des pourvoyeurs et des Autochtones

Première journée de chasse à l’orignal. Bruno Caron, propriétaire de la pourvoirie Waban-aki à La Tuque, a
terminé de dépecer sa prise lorsque nous arrivons à l’accueil. Un trophée enviable qu’il a tué avec son
fils.

Une tête d’orignal est posée dans la boîte d’une camionnette.
Bruno Caron a tué cet orignal dès l’ouverture de la saison de chasse.
Photo : Radio-Canada/Martin
Chabot

Bruno Caron est aussi vice-président de la Fédération des pourvoiries du Québec. Il en a long à dire sur la
gestion forestière. L’an dernier, une portion de la forêt sur le territoire de sa pourvoirie a été coupée,
même s’il s’y est opposé.

Billes de bois le long du chemin forestier de la pourvoirie Waban-aki.
Coupes forestières sur le territoire de la pourvoirie Waban-aki en Haute-Mauricie
Photo : Radio-Canada/Maude Montembeault

Ses clients ne se gênent pas pour témoigner leur déception quand ils fréquentent un territoire exploité par
l’industrie. Il estime que la coupe forestière lui fait perdre de la clientèle. « Ce qu’on ne tient pas en
compte, c’est ce que ça nous coûte à nous quand on a des clients qui sont moins satisfaits, que le moment
magique qu’on essaie de leur créer est affecté par des choses comme ça. »

Deux fauteuils Adirondack se trouvent sur le quai d’un lac en Haute-Mauricie. Deux chaloupes flottent de chaque côté.
Quai d’un chalet de la pourvoirie Waban-aki de M. Caron. La forêt près du lac Collet pourrait être visée par les coupes forestières.

Photo : Radio-Canada/Maude Montembeault

L’été prochain, c’est une partie de la forêt face au quai d’un de ses chalets qui pourrait disparaître.

La centralisation des décisions au ministère a des répercussions sur les pourvoyeurs, selon M. Caron. « Je
ne peux pas vous cacher que depuis que le ministère a repris le contrôle c’est plus difficile pour nous
autres », dit-il.

Jonathan Leblond et Bruno Caron marchent dans le chemin forestier. Jonathan Leblond pointe l’amas de bois sur le côté du chemin.
Jonathan Leblond et Bruno Caron marchent dans le chemin forestier.
Photo : Radio-Canada/Maude Montembeault

Selon Jonathan Leblond, l’ingénieur forestier qui travaille pour la Fédération des pourvoyeurs aux côtés de
M. Caron, la situation s’est détériorée. Dans les dernières années, il indique avoir observé une tendance à
augmenter les coupes.

« C’est de pire en pire »

La saison de la chasse ne se limite pas qu’à deux semaines pour Dany Chilton. L’Attikamek se considère
mieux placé que les fonctionnaires du ministère pour témoigner de l’état de la faune et de la forêt. Forêt
qui n’a jamais été cédée, vendue ou abandonnée par les Premières Nations, nous spécifie-t-il d’entrée de
jeu.

Dany Chilton devant une carte du territoire attikamek.
Dany Chilton dans les bureaux du Conseil de la Nation Attikamek
Photo : Radio-Canada/Martin
Chabot

« Les coupes forestières, c’est catastrophique. »

– Dany Chilton du Conseil de la Nation Attikamek

Ce dernier n’y va pas de main morte pour critiquer la gestion du ministère, qui a dorénavant une obligation
de consulter les Premières Nations. Les Attikameks ont d’ailleurs formulé 10 recommandations en vue de
l’élaboration de la planification tactique du ministère, l’équivalent d’un plan quinquennal.

Aucune de ces recommandations n’a été prise en compte, dénonce M. Chilton. Selon lui, la stratégie du
ministère serait d’inonder les Autochtones de démarches administratives trop laborieuses pour les effectifs
dont ils disposent.

« La meilleure façon de noyer un homme, c’est de lui envoyer plein d’eau. Les Attikameks sont consultés à
la tonne pour plein de petites affaires. La charge de travail dépasse le niveau de capacité de répondre.
C’est un peu ce qui nous amène vers des frustrations. »

Le ministère rétorque qu’en plus de consulter annuellement les communautés attikameks et d’analyser
rigoureusement leurs préoccupations, il leur octroie une aide financière pour les aider à participer aux
différentes consultations.

Un autre documentaire sur la forêt?

La journaliste Maude Montembeault et l’auteur-compositeur-interprète marchent sur le site d’une coupe forestière.
La journaliste Maude Montembeault et l’auteur-compositeur-interprète marchent sur le site d’une coupe forestière en Abitibi, près de Rouyn-Noranda. Photo : Radio-Canada/Martin
Chabot

Quand Richard Desjardins imagine produire un nouveau documentaire sur le même sujet 20 ans plus tard, son
angle d’attaque est clair. « Si on avait un film à faire, ça devrait être un film sur le ministère. Le
ministère, c’est une institution très ancienne de mentalité, qui est là et conçoit son mandat comme
fournisseur de bois aux compagnies. That’s it. Point final.»

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List of Tourist Attractions Open Now in Ottawa

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With Ontario now in Step 3 of 2021 three-step plan for reopening, museums and other indoor attractions are allowed to reopen with capacity limited to not exceed 50 per cent capacity indoors and 75 per cent capacity outdoors.

Here is a list of Ottawa attractions you can visit starting July 16th.

Do remember to wear masks and buy tickets in advance.

Parliament Hill

Parliament’s Centre Block and Peace Tower are closed for renovation.

You can join for tours of the Senate of Canada Building (2 Rideau Street), House of Commons at West Block (111 Wellington Street) on Parliament Hill, and East Block at East Block (111 Wellington Street) on Parliament Hill.

When: Grounds open; guided tours of Parliament are suspended through the summer of 2021.
Where: 111 Wellington Street, Downtown Ottawa

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Ottawa performer leapfrogs from gymnastics to Broadway to TV

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A new AppleTV+ series set in a magical town that’s stuck in a neverending 1940s musical includes a pair of Ottawa siblings in the cast. 

Warren Yang and his sister, Ericka Hunter, play two of the singing, dancing residents of the village portrayed in Schmigadoon!, a small-screen series that takes its cues from classic musicals like Brigadoon, Wizard of Oz and Sound of Music, and skewers them with the offbeat comedic mastery of Saturday Night Live. 

In fact, you’ll recognize many of the names from SNL, starting with executive producer Lorne Michaels, creator of the late-night, live-comedy sketch show. Schmigadoon! also stars SNL cast member Cecily Strong and comedian Keegan-Michael Key, who hosted SNL in May. They play a New York couple who get lost on a hike and stumble into a strange town where everyone sings and dances. 

For Yang, a relative newcomer to show-biz, the series marks his television debut. For Hunter, the younger of his two older sisters, it’s the latest in a career path that began with dance lessons as a child more than 30 years ago. She attended Canterbury High School, Ottawa’s arts-focused secondary school. 

“Her dream was always to perform,” said Yang, 34, in an interview. “But that was never the path I thought was an option for me.” 

While his sister studied dance, Yang did gymnastics. He was an elite gymnast throughout his youth, ultimately leaving Merivale High School at 16 to train in Montreal, finishing high school through correspondence courses. He was a member of the Canadian National Team and received a scholarship to study at Penn State, majoring in marketing. 

A few years after graduation, Yang was working at an advertising agency in Toronto when he got a call from a Manhattan number. To his astonishment, they asked if he would be interested in auditioning for a Broadway revival of Miss Saigon.

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COVID-19: uOttawa to require vaccination for students living in residence

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Vaccination will be mandatory for students who want to live in residence at the University of Ottawa this year, with proof of vaccination and at least one dose required before move-in, or within two weeks of doing so if they can’t secure a shot before arriving.

Those who can’t receive a vaccine for “health-related reasons or other grounds protected under the Ontario Human Rights Code” will be able to submit a request for accommodation through the university’s housing portal, according to information on the university’s website.

Students with one dose living in residence will also have to receive their second dose “within the timeframe recommended by Ottawa Public Health.”

People who haven’t been granted an exemption and don’t get vaccinated or submit proof of having done so by the deadlines set out by the school will have their residence agreements terminated, uOttawa warns.

“Medical and health professionals are clear that vaccination is the most (effective) means of protecting people and those around them,” reads a statement provided to this newspaper by uOttawa’s director of strategic communications, Patrick Charette.

Article content

“It is precisely for this reason that the University of Ottawa is requiring all students living in residence for the 2021-2022 academic year to be fully vaccinated. The University recognizes that some students may require accommodations for a variety of reasons and will be treating exceptions appropriately.”

Faculty, staff and students are also strongly encouraged to get vaccinated, the statement notes.

“Ensuring a high vaccine coverage in all communities is critical to ensuring an ongoing decline in cases and ending the pandemic. This will be especially important with the return of students to post-secondary institutions in our region in the fall of 2021.”

Neither Carleton University nor Algonquin College is currently mandating vaccination for students living in residence, according to the websites for both schools. But uOttawa isn’t alone in its policy – Western University, Trent University, Durham College and Fanshawe College have all implemented similar requirements. Seneca College, in the GTA, is going even further, making vaccination mandatory for students and staff to come to campus, in-person, for the fall term.

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