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Faut-il revoir le processus d’homologation du glyphosate?

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En 2015, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), une agence de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), déclare le glyphosate « cancérigène probable » pour les humains. La nouvelle provoque une onde de choc. L’Europe, qui est en plein processus de réhomologation du glyphosate, est déchirée.

Les manifestations se succèdent. Plus d’un million de personnes signent une pétition demandant l’interdiction du produit. Le vote de la Commission européenne est remis à six reprises. Au lieu des 15 ans initialement prévus, les députés européens font preuve de prudence et réautorisent le glyphosate pour 5 ans seulement.

Des manifestants protestent à Bruxelles contre la prolongation de l'autorisation d'utilisation du Glyphosate dans les cultures.Des manifestants protestent à Bruxelles en novembre 2017 contre la prolongation de l’autorisation d’utilisation du glyphosate. Photo : Reuters / Yves Herman

Au Canada, l’annonce de la réhomologation du produit tombe en avril 2017 : le glyphosate est reconduit pour 15 ans, jusqu’en 2032. Santé Canada conclut que le glyphosate ne pose « probablement pas de risque pour le cancer humain ».

Mais pourquoi une conclusion aussi divergente de celle de l’agence de l’OMS? Pour plusieurs raisons.

D’abord, parce que le CIRC et Santé Canada n’ont pas regardé les mêmes études. L’agence de l’OMS s’est penchée seulement sur les études publiées dans des journaux scientifiques, des études publiques, révisées par des pairs. Les études financées par les compagnies de pesticides, souvent produites pour obtenir l’homologation d’un produit, ont été écartées.

Du côté de Santé Canada, on a retenu des centaines d’études confidentielles, qui proviennent principalement de l’industrie. Cette réalité a fait sursauter Louise Vandelac, la directrice du CREPPA, le Collectif de recherche écosanté sur les pesticides, les politiques et les alternatives.

Quand on s’est mis à regarder attentivement les documents, on s’est dit : “Mais ce sont essentiellement des documents non publiés, des documents secrets, auxquels on n’a pas accès”. Venant d’une industrie qui bénéficie de la décision, c’est quand même un peu anormal.

Louise Vandelac, directrice du CREPPA
On voit Mme Vandelac qui travaille à l'ordinateur.La sociologue Louise Vandelac, directrice du Collectif de recherche écosanté sur les pesticides, les politiques et les alternatives (CREPPA) Photo : Radio-Canada

Au chapitre de la santé humaine, 636 études ont été retenues, dont 77 % proviennent de l’industrie, selon Santé Canada. À la direction de la gestion de la réévaluation, Frédéric Bissonnette explique que le Canada n’est pas le seul pays à accorder autant de poids aux études financées par l’industrie.

Tous les organismes réglementaires mondiaux utilisent la même approche, que ce soit pour les pesticides ou les médicaments […]. C’est dans la nature de ce genre de système.

Frédéric Bissonnette, directeur de la gestion de la réévaluation à l’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire de Santé Canada
Des contenants du pesticide Roundup sur une tablette de magasinLe Roundup, dont l’ingrédient actif est le glyphosate, est vendu partout dans le monde. Photo : Reuters / Yves Herman

Intégrer les nouvelles connaissances

Ce qui étonne également, c’est que Santé Canada conclut que le glyphosate ne nuit pas à la santé humaine en se basant sur des études qui ne datent pas d’hier. Bon nombre d’entre elles ont été produites avant les années 2000 et certaines remontent même aux années 1970. Une éternité en science.

Pourtant, les études récentes sur le glyphosate abondent. Sur PubMed, un site qui recense l’essentiel de la littérature scientifique dans les domaines de la médecine et de la biologie, on constate que 66 % des études sur le glyphosate ont été publiées au cours des 10 dernières années. « Quand on procède à une réévaluation, il faut avoir les données les plus récentes de la littérature scientifique pour être en mesure de voir s’il y a des problèmes. C’est rarement l’industrie qui met en évidence les problèmes qui se passent », souligne Louise Vandelac.

Le ministère se défend d’avoir écarté des études plus récentes. La recherche indépendante a bien été prise en compte, mais elle ne suivait pas toujours le bon protocole, selon Frédéric Bissonnette : « Les études plus récentes n’ont pas nécessairement répondu à toutes les questions de type réglementaire. Parfois, c’est des chercheurs […] qui posent une autre hypothèse, qui cherchent à trouver une réponse à une autre question, pas nécessairement pertinente dans le contexte d’une réglementation de pesticides ».

Pulvérisation d'herbicide dans un champs de plantes de couverture, au Québec.Le glyphosate est l’herbicide numéro 1 au Québec, au Canada et dans le monde. Photo : Radio-Canada

Pourtant, la science évolue très vite. Les résultats obtenus il y a 30 ou 40 ans ne peuvent donc pas tenir compte d’enjeux inconnus à l’époque. « Il y a 20 ans, par exemple, on ne se posait pas la question des effets perturbateurs endocriniens parce qu’on ne les connaissait pas ou alors très peu. Maintenant, les nouveaux tests qui doivent être faits doivent aussi prendre en compte ces nouvelles découvertes et étudier les effets sur les hormones pendant le développement, les effets neurologiques. Ce sont des effets qui n’étaient pas forcément bien étudiés il y a 20 ans », explique Robin Mesnage, chercheur au King’s College de Londres.

On voit M. Mesnage qui sourit à la caméra.Robin Mesnage, chercheur au King’s College de Londres Photo : Radio-Canada / Bernard Laroche

Autre différence, Santé Canada et le CIRC ne s’intéressent pas exactement aux mêmes produits. Le CIRC a surtout révisé les impacts des formulations de glyphosate, autrement dit le produit tel qu’il est vendu aux agriculteurs, alors que Santé Canada considère surtout la toxicité du glyphosate. Pourtant, cet ingrédient n’est jamais vendu seul. Dans le Roundup, le principe actif, le glyphosate, ne représente qu’environ 40 % de la formulation. D’autres molécules y sont ajoutées.

« La raison pour laquelle la majorité des études toxicologiques sont sur le principe actif, c’est parce que c’est vraiment la molécule qui est la plus susceptible d’influencer la santé humaine, [de poser] les risques à la santé humaine ou à l’environnement », soutient Frédéric Bissonnette, de Santé Canada.

On voit M. Bissonnette qui parle à la caméraFrédéric Bissonnette, directeur de la gestion de la réévaluation à l’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA) de Santé Canada Photo : Radio-Canada

Or, ce n’est pas ce que les chercheurs ont découvert. Au King’s College de Londres, le Français Robin Mesnage nous explique qu’il a cherché à connaître les impacts des molécules qui accompagnent le glyphosate. « On a fait des études où on a comparé la toxicité de neuf formulations de glyphosate qui étaient différentes et on a vu que le glyphosate n’était pas l’ingrédient le plus toxique », dit-il.

L’ingrédient qui était le plus toxique, c’était un de ces formulants, qui est considéré comme secret industriel, et il était 10 000 fois plus toxique que le glyphosate.

Robin Mesnage, chercheur au King’s College de Londres

Le public est-il bien informé?

Identifier ces molécules, qui peuvent avoir de puissants effets, notamment sur les cellules humaines, revient à chercher une aiguille dans une botte de foin. Car ces informations sont classées confidentielles.

Pour accéder à certaines données de l’industrie, la procédure est complexe. Il faut se rendre à Ottawa muni d’une déclaration sous serment. Dans une salle de lecture, on peut consulter certains documents, mais les photocopies et les photos sont interdites.

Santé Canada affirme connaître l’identité des molécules qui accompagnent le glyphosate, mais impossible pour le public ou les chercheurs d’obtenir cette information. Les agriculteurs épandent donc à grande échelle un produit sans connaître la liste complète de ses ingrédients.

Un processus opaque

Pour André Comeau, chercheur pendant plus de 40 ans à Agriculture Canada, il est urgent de revoir tout le processus d’homologation. « On donne une protection à des compagnies pour mettre sur le marché des produits chimiques, et après ça, […] c’est à la société de faire la preuve que le produit est nocif. Ça devrait être l’inverse. Ça devrait être la compagnie qui est obligée de nous prouver que le produit n’est pas dangereux et devrait le prouver avec preuves à l’appui disponibles. Donc, on inverse le fardeau de la preuve avec les pesticides. »

On voit M. Comeau, de profil, qui prend un épi de blé dans sa main.André Comeau, chercheur retraité d’Agriculture Canada Photo : Radio-Canada

Selon M. Comeau, il est surtout urgent de rétablir la confiance du public, car les impacts potentiels sur la santé soulèvent déjà trop de questions.

Dans le cas du tabac, faire la preuve de nocivité, ça a pris à peu près 50 ans. Une preuve solide devant les tribunaux. Moi, je n’ai pas 50 ans à attendre pour décider ce que je mange demain matin.

André Comeau

Le reportage de Catherine Mercier et Bernard Laroche est diffusé à l’émission La semaine verte, samedi, à 17 h, à ICI Radio-Canada Télé.

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Ottawa sets monthly record for total COVID-19 cases with 99 new cases on Friday

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Sixteen days into October, Ottawa has already set the record for most cases of COVID-19 in a single month.

Ottawa Public Health reported 99 new cases of COVID-19 in Ottawa today, and three more deaths linked to novel coronavirus.

Ontario’s Ministry of Health had reported 108 new cases of COVID-19, but there is sometimes a lag in COVID-19 case reporting between Ontario and Ottawa Public Health. On Wednesday, Ontario reported 39 new cases in Ottawa, while Ottawa Public Health reported 45 new cases.

There have been 1,511 laboratory-confirmed cases of COVID-19 in Ottawa in October, surpassing the September record of 1,413 new cases.

Since the first case of COVID-19 on March 11, there have been 5,908 laboratory-confirmed cases of COVID-19 in Ottawa, including 301 deaths.

Across Ontario, there are 712 new cases of COVID-19 on Friday. Health Minister Christine Elliott reported 213 new cases in Toronto, 135 in Peel Region and 62 in York Region.

HOSPITALIZATIONS IN OTTAWA

One more person was admitted to an Ottawa hospital with COVID-19 related illnesses on Friday.

Ottawa Public Health reports 47 people are currently in hospital with COVID-19, including eight in the intensive care unit.

ACTIVE CASES OF COVID-19 IN OTTAWA

The number of active cases of COVID-19 increased on Friday.

There are 792 active cases of COVID-19 in Ottawa, up from 777 active cases on Thursday.

A total of 4,806 people have recovered after testing positive for COVID-19.

The number of active cases is the number of total laboratory-confirmed cases minus the numbers of resolved cases and deaths. A case is considered resolved 14 days after known symptom onset or positive test result.

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Ottawa mayor rejects possible return of Ottawa-Gatineau border checkpoints, ‘I really don’t think they work’

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Mayor Jim Watson does not want to see police checkpoints return to the five interprovincial crossings between Ottawa and Gatineau, saying “I really don’t think they work.”

Earlier this week, Gatineau Mayor Maxime Pedneaud-Jobin told the Ottawa Citizen that police checkpoints could return to the Ottawa-Gatineau border at “any time,” with the final decision in the hands of the Quebec Government. Earlier this month, Dr. Brigitte Pinard of the Centre Integre de sante et de services sociaux de l’Outaouais said border checkpoints were “possible,” adding “right now, our message is to limit large gatherings.”

When asked by CTV Morning Live host Leslie Roberts about the possibility of police checkpoints returning to the Ontario-Quebec border, Watson said he did not think they worked back in the spring.

“There were so many gaps when the police were not there, and people just figured out I’ll go at an earlier time or a later time. We saw police officers sticking their heads in the car with no masks, so that was not healthy for those individuals,” said Watson Friday morning.

“It’s a costly expense when our police are stretched already to the limit trying to do the work, to have them set up at five different bridge points potentially 24 hours a day would cost hundreds of thousands of dollars every month and I think the money is better spent.”

On April 1, Gatineau Police and the Surete du Quebec set up checkpoints along the Ottawa-Gatineau border to limit non-essential trips into Gatineau. Gatineau Police estimated the random police checkpoints between April 1 and May 17 cost the service more than $400,000.

Mayor Watson tells CTV Morning Live that the Quebec Government’s decision to move Gatineau into the “red zone” two days after Ontario moved Ottawa to a modified Stage 2 should help.

“We are a close relationship and when things happen in Gatineau there’s often a trickle effect over here and I think the fact that we’re both in the red zone, and Quebec of course is the worst hit province, at least levels the playing field for our restaurants and bars,” said Watson.

“I think in the past what had happened was our restaurants and bars would close and then the ones in Gatineau would stay open, and then people from Ottawa would go over there irresponsibly, in my opinion, and then come back potentially with the virus and spread it here.”

While border checkpoints would limit the non-essential travel across the Ottawa-Gatineau border, Watson says that’s not the way to beat COVID-19.

“The message is very clear, stick to your household. This is not the time to have an AirBNB party or a keg party in your backyard, or have 20 people or 30 people in for an engagement party. I know a lot of these get-togethers are important socially for people and emotionally, but we have to ask people to be reasonable and responsible, and this is not the year to do those kinds of things.”

Roberts asked the mayor if he would have a conversation about border checkpoints with Gatineau’s mayor.

“I had it the first go-around, but at the end of the day I also respect their jurisdiction and their autonomy. It is the province that would have to impose that, not the municipality,” said Watson.

“From our perspective, we don’t think it’s an effective use of resources. We want to continue to get the message across that we can win this battle against COVID-19 if we socially distance, we wear a mask, we actually follow the simple rules that are put forward.”

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Ottawa woman breaks 14-day quarantine rule to work at long-term care home: police

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OTTAWA — A 53-year-old Ottawa woman is facing charges under the federal Quarantine Act after Ottawa police say she failed to self-isolate for 14 days after travelling abroad and returned to work at a long-term care home.

Ottawa Police say information was received indicating that an Ottawa woman had travelled abroad. She returned to Canada on Sept. 26, so she was required under federal law to quarantine for 14 days, until Oct. 9

“The woman decided not to respect this order and went to work on Sept. 30 at a long-term health facility in Ottawa,” police said in a news release. “When management was apprised of the situation, she was immediately sent home. The facility immediately activated mitigating self-isolation and cleaning protocols and informed all persons that had been in contact with the subject.”

Police say none of the residents of the long-term care facility have tested positive for COVID-19 as a result of the woman attending work.

Ottawa police say this is the first person they have charged under the Quarantine Act during the pandemic.

The woman is charged with failing to comply with entry condition under section 58 of the Quarantine Act and cause risk of imminent death or serious bodily harm under section 67 of the Quarantine Act.

The maximum penalty for causing risk of imminent death or serious bodily harm is a $1 million fine and three years in prison. For failing to self-isolate for 14 days, she faces a $750,000 fine and up to six months in jail.

Police did not release the name of the woman, nor where she worked. The woman is due in court on Nov. 24.

Ottawa Mayor Jim Watson’s office issued a statement following the announcement of the charges.

“Mayor Watson was disturbed to learn about the alleged carelessness of the individual in question. This type of reckless behaviour could have harmed their colleagues, and more importantly, the residents of the long term care home. We must all do our part to limit the spread of COVID-19 in our community.”

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